
Gestion de l’eau : le Maroc prépare un référentiel national pour centraliser les données hydriques
Face aux défis croissants liés à la gestion des ressources hydriques, le Maroc franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son secteur de l’eau. Le département chargé de l’Eau lance un projet visant à créer un dictionnaire référentiel national des données sur l’eau, un outil destiné à harmoniser, centraliser et faciliter le partage des informations entre les différents acteurs intervenant dans ce domaine.
Aujourd’hui, ministères, établissements publics, collectivités territoriales, entreprises, agences de bassin hydraulique et associations produisent chacun leurs propres données. Cette multiplicité des sources complique leur exploitation en raison de référentiels différents, de formats hétérogènes et d’un manque de coordination entre les systèmes d’information.
Un langage commun pour toutes les institutions
Le futur référentiel constituera une base commune permettant de définir des normes uniques pour la collecte, la gestion et le partage des données liées à l’eau.
Ce projet s’inscrit dans le cadre du développement du Système intégré d’information relatif à l’eau (SIIE), dont l’objectif est d’améliorer la circulation de l’information entre les différentes administrations et institutions concernées.
Les données devront être standardisées, facilement réutilisables, sécurisées et accessibles selon des règles communes, afin de garantir une meilleure qualité de l’information et une exploitation plus efficace.
Trois étapes pour construire la plateforme
La mise en œuvre du projet reposera sur plusieurs phases.
La première consistera à réaliser un diagnostic complet des données existantes, avec l’identification des producteurs d’information, des systèmes utilisés, des flux d’échange ainsi que des métadonnées associées à chaque type d’information.
La deuxième étape portera sur la conception du référentiel lui-même. Les données seront classées, harmonisées et organisées selon des modèles normalisés afin de créer une architecture cohérente capable de faciliter leur exploitation par l’ensemble des intervenants.
Enfin, la dernière phase concernera le développement de la plateforme numérique ainsi que son déploiement auprès des administrations et organismes partenaires.
Une plateforme numérique sécurisée et accessible
Le futur portail sera développé à partir des technologies C#/.NET Core et d’une base de données PostgreSQL.
Accessible depuis les ordinateurs, tablettes et smartphones, il permettra de consulter les métadonnées, de suivre les échanges d’informations entre les différents organismes et de visualiser des tableaux de bord destinés au pilotage du secteur.
Le cahier des charges prévoit également un haut niveau de sécurité informatique. Chaque donnée sera identifiée de manière unique, son historique sera conservé et les accès feront l’objet d’un contrôle strict conformément aux exigences de la Direction générale de la sécurité des systèmes d’information (DGSSI).
Un outil au service de la décision publique
Au-delà de l’aspect technique, ce projet vise à renforcer la gouvernance de l’eau au Maroc.
En améliorant la qualité, la disponibilité et la circulation des données, le futur référentiel permettra aux décideurs de disposer d’informations fiables pour planifier les investissements, suivre l’état des ressources hydriques et anticiper les risques liés au stress hydrique.
Les données ainsi harmonisées alimenteront à terme un entrepôt national d’informations destiné à produire des indicateurs, des tableaux de bord et des outils d’aide à la décision, favorisant une meilleure coordination entre les administrations et une gestion plus efficace de cette ressource stratégique.
Dans un contexte marqué par la raréfaction des ressources en eau et les effets du changement climatique, cette initiative constitue une étape importante vers une gouvernance plus moderne, plus collaborative et davantage fondée sur la donnée.





















