
Après une campagne marquée par les effets de la sécheresse, le Maroc pourrait enregistrer un rebond spectaculaire de sa production céréalière en 2026-2027. Dans son dernier rapport World Agricultural Production, publié le 10 juillet, le Département américain de l’Agriculture (USDA) estime que la récolte nationale de blé et d’orge atteindra 9,9 millions de tonnes, contre 4,45 millions de tonnes lors de la campagne précédente.
Ces projections, établies à partir de données officielles, d’analyses satellitaires et des observations des attachés agricoles américains, traduisent une hausse de plus de 120 % de la production céréalière marocaine.
Une forte progression attendue pour le blé
Le blé devrait enregistrer la plus importante contribution à cette reprise. L’USDA prévoit une récolte de 7,5 millions de tonnes en 2026-2027, contre 3,5 millions un an auparavant.
Cette amélioration s’explique par l’augmentation des superficies récoltées, qui passeraient de 2,2 à 2,8 millions d’hectares, mais également par une nette progression des rendements agricoles. Ceux-ci atteindraient 2,68 tonnes par hectare, contre 1,59 tonne lors de la campagne précédente.
L’orge enregistre une croissance record
Les perspectives sont également très favorables pour l’orge.
La production devrait atteindre 2,4 millions de tonnes, soit une progression de plus de 150 % par rapport à la campagne 2025-2026.
Selon les estimations américaines, la superficie récoltée augmenterait à 1,1 million d’hectares, tandis que le rendement moyen passerait à 2,18 tonnes par hectare, confirmant une amélioration sensible des conditions de production.
L’avoine et le tournesol restent stables
À l’inverse, les prévisions concernant l’avoine et les graines de tournesol demeurent inchangées.
La production d’avoine resterait limitée à 10.000 tonnes, tandis que celle des graines de tournesol se maintiendrait à 30.000 tonnes, avec des superficies et des rendements similaires aux campagnes précédentes.
Des évolutions contrastées dans les autres pays
Le rapport de l’USDA met également en évidence des situations très différentes selon les régions du monde.
En France, la récolte de maïs devrait reculer fortement sous l’effet de la sécheresse et des températures élevées, avec une production estimée à 10 millions de tonnes, son plus faible niveau depuis plus de trois décennies.
À l’inverse, l’Argentine devrait établir un nouveau record avec 63 millions de tonnes de maïs, tandis que l’Afrique du Sud atteindrait également un niveau historique de 18 millions de tonnes.
Le Pakistan, touché par d’importantes inondations, verrait en revanche sa production diminuer sensiblement.
Concernant le blé, la Russie conserverait son rang parmi les principaux producteurs mondiaux avec une récolte attendue de 88,5 millions de tonnes, alors que le Canada enregistrerait un léger recul malgré une production supérieure à sa moyenne des cinq dernières années.
Une embellie pour l’agriculture marocaine
Ces nouvelles estimations constituent un signal encourageant pour l’agriculture marocaine, après plusieurs campagnes marquées par un déficit pluviométrique historique.
Si ces prévisions se confirment, le rebond de la production céréalière contribuerait à renforcer la sécurité alimentaire du Royaume, à réduire les besoins en importations et à améliorer les revenus des agriculteurs.
Toutefois, l’évolution des conditions climatiques au cours des prochains mois restera déterminante pour confirmer ces perspectives particulièrement optimistes.





















