Maroc : la Russie renforce ses exportations d’aliments pour bétail dans un marché en recomposition
Le marché marocain de l’alimentation animale connaît une recomposition progressive de ses approvisionnements, dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques, les sanctions européennes visant la Russie et les mutations des échanges agricoles internationaux.
Selon plusieurs données relayées par la presse spécialisée, la Russie a fortement accru ses exportations d’aliments pour bétail vers le Maroc, profitant d’une réorientation de ses débouchés commerciaux après les restrictions imposées par l’Union européenne.
Une demande marocaine en forte hausse
Au Maroc, la demande en nutrition animale est en nette progression, portée par la relance progressive du secteur de l’élevage. Après plusieurs années de sécheresse et de hausse des coûts des intrants agricoles, le pays a engagé des mesures de soutien au cheptel, notamment à travers l’importation de bovins vivants et des programmes de soutien à l’entretien des troupeaux ovins et caprins.
Cette dynamique entraîne mécaniquement une augmentation des besoins en aliments composés. Selon des projections du ministère américain de l’Agriculture, la consommation nationale pourrait dépasser 1,5 million de tonnes lors de la saison 2026-2027, soit une hausse estimée à 18 % par rapport à la campagne précédente.
La Russie gagne du terrain sur le marché marocain
Dans ce contexte, les exportateurs russes ont renforcé leur présence sur le marché marocain. Entre janvier et mai 2026, environ 87.000 tonnes d’aliments pour bétail auraient été expédiées vers le Royaume, soit une progression de 27 % sur un an, selon des données issues de l’agence russe Agroexport.
Cette évolution s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification des débouchés commerciaux de la Russie, qui cherche à compenser les restrictions sur les marchés européens en développant ses échanges avec plusieurs pays, dont le Maroc.
Recul des exportations espagnoles
Parallèlement, les exportations espagnoles de ce segment enregistrent un léger recul. Les données commerciales du premier trimestre 2026 indiquent une baisse de plus de 10 % des expéditions vers le Maroc, passant d’environ 6.699 tonnes à 5.979 tonnes.
Ce ralentissement s’inscrit dans une tendance plus globale de contraction des ventes extérieures espagnoles sur ce segment, alors que la concurrence internationale s’intensifie.
Un marché mondial en pleine reconfiguration
Cette évolution illustre la recomposition progressive des flux agricoles mondiaux, où de nouveaux acteurs renforcent leurs positions face aux exportateurs traditionnels européens. Dans ce paysage en mutation, le Maroc apparaît comme un marché stratégique pour plusieurs fournisseurs internationaux, notamment dans le domaine des intrants agricoles et de la nutrition animale.





















