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Casablanca prépare un projet de valorisation énergétique des déchets de 1,5 milliard de dollars

Casablanca s’apprête à franchir une étape majeure dans sa transition environnementale avec le lancement d’un ambitieux projet de valorisation énergétique des déchets. Un consortium international dirigé par le groupe Kanadevia Inova, en partenariat avec Nareva et la société japonaise Itochu Corporation, prévoit de démarrer la construction d’une nouvelle centrale de traitement des déchets d’ici la fin de l’année, pour un investissement estimé à 1,5 milliard de dollars.

La mise en service complète de l’installation est attendue à mi-2030. Elle deviendra la deuxième usine de ce type en Afrique et permettra de transformer les déchets ménagers en électricité tout en réduisant l’impact environnemental de la décharge de Médiouna, la plus importante du Maroc.

Le projet repose sur un contrat de concession signé avec les autorités de Casablanca. À pleine capacité, l’usine sera en mesure de traiter 1,5 million de tonnes de déchets par an et de produire environ 115 mégawatts d’électricité grâce à une combinaison de déchets ménagers, d’énergie solaire et de gaz issu de la décomposition des déchets.

Cette production permettra d’alimenter en électricité l’équivalent des besoins d’environ un million d’habitants, tout en contribuant à la réduction des émissions de méthane et des nuisances environnementales liées à l’enfouissement des déchets.

Selon Bruno-Frédéric Baudouin, directeur général de Kanadevia Inova, le démarrage des travaux dépendra de la finalisation du financement au cours du dernier trimestre de l’année. La durée de réalisation du projet est estimée à trois ans et demi.

Le responsable a également indiqué que l’usine pourrait commencer à traiter les déchets et produire de l’électricité six à dix mois avant l’achèvement complet des travaux, afin d’accélérer les bénéfices du projet.

Sur le plan financier, le consortium a signé un contrat d’achat d’électricité avec l’Office National de l’Électricité et de l’Eau Potable (ONEE) et prévoit de mobiliser des financements auprès d’institutions bancaires marocaines, avec un recours exclusif à la dette locale.

Le projet intervient dans un contexte où les installations de valorisation énergétique des déchets suscitent un débat au niveau international. Certains experts estiment qu’elles pourraient limiter les efforts de recyclage ou générer des émissions supplémentaires si elles ne respectent pas des normes environnementales strictes.

Les promoteurs du projet assurent toutefois que cette future centrale permettra de réduire significativement les émissions de gaz à effet de serre. Selon Kanadevia Inova, son impact environnemental serait comparable à une réduction d’environ 20 % des émissions annuelles de la Suisse, soit l’équivalent du retrait de près de 300 000 voitures de la circulation.

Au-delà de son volet énergétique, ce projet constitue une étape importante dans le développement de l’économie circulaire au Maroc, en transformant les déchets en une ressource énergétique et en renforçant la transition du Royaume vers des solutions plus durables.

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