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Dessalement : Acciona met en avant son projet du Grand Casablanca

Le projet de l’usine de dessalement du Grand Casablanca figure parmi les principaux chantiers de l’activité eau d’Acciona au premier semestre 2026. Dans ses résultats financiers transmis jeudi 30 juillet à la Commission nationale du marché des valeurs (CNMV), le groupe espagnol spécialisé dans les infrastructures et l’énergie a notamment cité le projet marocain parmi ses trois opérations majeures dans le secteur.

L’activité eau d’Acciona a enregistré une progression de 14,6% de son chiffre d’affaires sur les six premiers mois de l’année, à 740 millions d’euros, contre 645 millions d’euros à la même période de 2025. Son excédent brut d’exploitation a également progressé de 12,4%, passant de 46 à 52 millions d’euros.

L’usine de Casablanca parmi les projets phares d’Acciona

Acciona a cité l’usine de dessalement du Grand Casablanca aux côtés des installations d’Alkimos, en Australie, et de Facility E, au Qatar. Le groupe attribue notamment à ces trois projets la hausse de ses revenus dans l’activité eau au premier semestre.

Malgré cette progression, la marge opérationnelle du secteur s’est légèrement repliée, passant de 7,2% à 7%. Cette évolution s’explique principalement par l’augmentation des charges, qui a absorbé une partie des revenus supplémentaires générés par l’activité.

Le projet marocain porte sur la conception, le financement, la construction, l’exploitation et la maintenance d’une usine de dessalement destinée à répondre aux besoins en eau de la région du Grand Casablanca. Le chantier est réalisé dans le cadre d’un partenariat public-privé.

Acciona détient 50% de la société de projet

Selon les données publiées par le groupe espagnol, Acciona détient une participation de 50% dans la société chargée du projet. La période contractuelle s’étend de 2024 à 2054.

L’installation est actuellement classée parmi les actifs en construction du groupe et fait l’objet d’une comptabilisation par mise en équivalence. Acciona ne détaille toutefois pas les recettes directement générées par le chantier casablancais dans ses résultats semestriels.

Le projet apparaît néanmoins à plusieurs reprises dans la documentation financière du groupe, notamment parmi les principaux chantiers de l’activité eau, dans la liste des concessions et dans les tableaux consacrés aux participations et aux durées contractuelles.

Un carnet de commandes de 3,8 milliards d’euros dans l’eau

L’activité eau d’Acciona disposait à fin juin d’un carnet de commandes de 3,8 milliards d’euros dans les domaines de la conception-construction, de l’exploitation et de la maintenance. Le groupe estime que ce portefeuille représente environ 3,1 années de revenus de l’activité.

Sur ce montant, 3,171 milliards d’euros correspondent à des contrats intégrés directement aux comptes du groupe, tandis que 625 millions d’euros sont comptabilisés par mise en équivalence.

Acciona avait déjà investi 234 millions d’euros de fonds propres dans ses concessions hydrauliques et prévoit de mobiliser 307 millions d’euros supplémentaires entre le second semestre 2026 et 2035.

Le Brésil au cœur de l’expansion dans l’eau

L’une des principales opérations de développement d’Acciona dans le secteur de l’eau se trouve au Brésil. Le groupe y a obtenu plusieurs concessions, notamment au Pernambuco, auprès de Sanepar et de Cesan, avant d’être retenu comme soumissionnaire privilégié pour le projet de Paraíba.

Ces contrats, dont les durées vont de 22 à 35 ans, doivent permettre de fournir des services d’eau potable et d’assainissement à plus de neuf millions de personnes. Acciona estime les investissements associés à cet ensemble à près de 4,6 milliards d’euros.

Le groupe présente ces concessions comme une source de revenus récurrents à long terme, tout en renforçant sa présence internationale dans les infrastructures hydrauliques.

Les infrastructures affichent une croissance à deux chiffres

Dans son ensemble, le pôle infrastructures d’Acciona a généré 4,481 milliards d’euros de recettes au premier semestre 2026, soit une progression de 12,2% sur un an. Son excédent brut d’exploitation a atteint 384 millions d’euros, en hausse de 12%.

La construction reste la principale activité du pôle, avec 3,681 milliards d’euros de recettes et 270 millions d’euros d’excédent brut d’exploitation. De leur côté, les concessions ont enregistré une forte progression de leurs revenus, passés de 46 à 84 millions d’euros.

À fin juin, 91% du portefeuille de concessions du groupe restait encore en phase de construction.

Le bénéfice net d’Acciona chute de 84%

Malgré la progression de son chiffre d’affaires, Acciona a enregistré un recul marqué de ses résultats bénéficiaires au premier semestre 2026. Le chiffre d’affaires du groupe a atteint 10,142 milliards d’euros, en hausse de 10%.

L’excédent brut d’exploitation a toutefois diminué de 26%, à 1,153 milliard d’euros. Le résultat avant impôts s’est établi à 303 millions d’euros, en baisse de 58%, tandis que le bénéfice net attribuable au groupe a chuté de 84%, à 83 millions d’euros, contre environ 519 millions un an auparavant.

Dans le même temps, la dette financière nette est passée de 6,989 milliards d’euros fin décembre 2025 à 8,243 milliards d’euros à fin juin 2026.

Acciona Énergie pénalisée par les cessions et les prix

Acciona Énergie a également connu un semestre plus difficile, avec un excédent brut d’exploitation de 388 millions d’euros, en baisse de 57%. Le groupe explique notamment cette évolution par les cessions réalisées en 2025, la baisse des prix de l’énergie en Espagne et l’absence de plus-values liées à la rotation d’actifs au premier semestre.

Les activités internationales ont toutefois affiché une meilleure résistance, avec un excédent brut d’exploitation passé de 282 à 305 millions d’euros, notamment grâce aux performances enregistrées au Chili et en Australie.

En juillet, deux nouvelles opérations de cession portant sur 64 MW hydroélectriques et 361 MW éoliens en Espagne ont généré 498 millions d’euros de recettes et environ 310 millions d’euros d’excédent brut d’exploitation lié à la rotation d’actifs.

Nordex poursuit sa progression dans l’éolien

La filiale éolienne Nordex a, pour sa part, enregistré une hausse de 30% de son excédent brut d’exploitation, à 354 millions d’euros. Ses nouvelles commandes ont atteint 4,9 GW, en progression de 10%.

Le prix moyen des commandes a également augmenté de 3,3%, à 950.000 euros par MW. Près de 800 MW de nouvelles commandes ont notamment été enregistrés aux États-Unis.

Pour l’ensemble de l’année 2026, Nordex maintient sa prévision d’un chiffre d’affaires compris entre 8,2 et 9 milliards d’euros, avec une marge d’excédent brut d’exploitation attendue entre 8% et 11%.

Le groupe espagnol affiche par ailleurs des performances contrastées dans ses autres métiers. L’immobilier résidentiel a vu son excédent brut d’exploitation progresser de 74%, tandis que Bestinver a porté ses actifs sous gestion à 8,3 milliards d’euros.

Acciona a également engagé une réorganisation de plusieurs activités en réunissant ses services aux bâtiments, ses métiers urbains et environnementaux, ses activités aéroportuaires et le transit de marchandises au sein d’une nouvelle plateforme commune.

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