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La BAD débloque 68 millions de dollars pour Madagascar : un pari sur la réforme et la résilience

Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) vient de donner son feu vert à une enveloppe de 68 millions de dollars en faveur de Madagascar, dans le cadre du second volet du Programme d’appui à la gestion financière et la résilience économique.

Le montage financier se décompose en deux lignes de crédit concessionnelles : 27,2 millions de dollars issus du Fonds africain de développement et 40,8 millions puisés dans la Facilité d’appui à la transition. Avec cette rallonge, l’investissement cumulé sur les deux phases du programme atteint désormais 136 millions de dollars, ce qui en fait l’un des concours budgétaires les plus conséquents jamais accordés par l’institution panafricaine à l’État insulaire.

Ce nouvel engagement ne part pas d’une page blanche. Le premier volet du programme a produit des avancées concrètes pour les ménages et le tissu économique malgaches : un dispositif modernisé d’administration fiscale couvre désormais l’ensemble du territoire, tandis qu’une stratégie nationale de lutte contre la corruption, assortie de mécanismes de redevabilité, a été déployée avec un horizon fixé à 2030.

La phase qui s’ouvre entend approfondir et élargir ces acquis en s’attaquant à deux fronts simultanés : la consolidation de la gestion des finances publiques et le renforcement de la compétitivité du secteur privé. L’ambition affichée est double — accroître les marges de manœuvre budgétaires du pays et créer un environnement propice à l’afflux d’investissements à fort impact.

Adam Amoumoun, représentant résident de la BAD à Madagascar, salue la détermination des autorités malgaches. Selon lui, le pays a su démontrer, en dépit d’un contexte exigeant, la volonté politique et la solidité institutionnelle nécessaires pour mener à bien des réformes d’envergure. Il estime que ce programme trace la voie vers une économie plus résiliente, plus inclusive et plus transparente, au bénéfice de l’ensemble des citoyens malgaches.

Au-delà de la sphère budgétaire, le programme ouvre plusieurs chantiers structurants. Il prévoit la mise en place d’un régulateur indépendant de l’électricité et la création d’un Fonds national pour l’énergie durable, doté de financements dédiés à l’électrification rurale et hors réseau, ciblant ainsi les zones où se concentrent près de 80 % des populations les plus vulnérables du pays. Une refonte de la législation sur les partenariats public-privé vient compléter le dispositif, en offrant aux investisseurs dans les énergies propres et les infrastructures le cadre juridique stable qu’ils réclament pour s’engager à grande échelle.

Sur le plan des recettes, les objectifs sont chiffrés : la pression fiscale devrait grimper de 10,5 % à 12 % du PIB d’ici fin 2026, signe d’un élargissement attendu de l’assiette contributive.

Ce décaissement tombe à point nommé. Le nouveau gouvernement malgache, installé en mars 2026, a réitéré dès sa prise de fonctions son attachement à l’agenda réformateur, dans un contexte de mobilisation renouvelée de la communauté des bailleurs. En validant cette seconde tranche, la BAD envoie un signal de confiance fort à Antananarivo et ancre son rôle de partenaire de premier plan dans la transformation économique de la Grande Île.

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