
Le Maroc a importé pour 2,37 milliards de dollars de cuivre et d’ouvrages en cuivre en 2025, selon les données de World Integrated Trade Solution (WITS), plateforme de la Banque mondiale alimentée notamment par les statistiques d’UN Comtrade. Les approvisionnements apparaissent particulièrement concentrés, puisque l’Espagne et la Belgique représentent à elles seules 85,8 % des importations marocaines relevant du chapitre 74 du Système harmonisé.
L’Espagne domine largement les fournisseurs du Maroc
Avec 1,207 milliard de dollars d’exportations vers le Maroc, l’Espagne arrive très nettement en tête des fournisseurs de cuivre et d’ouvrages en cuivre. Elle représente ainsi 50,9 % des importations marocaines enregistrées dans cette catégorie.
La Belgique occupe la deuxième position avec 826,5 millions de dollars, soit 34,9 % du total. Loin derrière, la France arrive avec 158,2 millions de dollars, suivie de l’Allemagne avec 37,6 millions et des Émirats arabes unis avec 35,8 millions.
La concentration est encore plus marquée lorsqu’on élargit l’analyse aux quatre premiers fournisseurs européens. L’Espagne, la Belgique, la France et l’Allemagne cumulent environ 94 % des importations marocaines relevant du chapitre 74.
L’Italie arrive ensuite avec 25,6 millions de dollars, devant le Portugal avec 14 millions et la Chine avec 9,7 millions. Les importations en provenance de l’Inde atteignent environ 1,98 million de dollars, tandis que celles du Japon s’établissent à 1,66 million. La Corée du Sud représente, pour sa part, près de 102 000 dollars.
Une forte dépendance à deux fournisseurs européens
Les chiffres de 2025 mettent en évidence une dépendance particulièrement forte du marché marocain vis-à-vis de l’Espagne et de la Belgique. Les deux pays ont fourni ensemble 2,034 milliards de dollars de produits relevant du chapitre 74, soit 85,8 % de la valeur totale des importations déclarées par le Maroc.
Cette structure traduit une concentration exceptionnelle des approvisionnements extérieurs sur un nombre limité de partenaires, principalement européens.
Il convient toutefois de préciser que ces données ne concernent pas uniquement le cuivre brut. Le chapitre 74 du Système harmonisé englobe l’ensemble des « cuivres et ouvrages en cuivre », couvrant différentes formes de métal ainsi que des produits et articles fabriqués à partir de cuivre.
Les données utilisées par WITS reposent ici sur la nomenclature SH 1988/92, qui classe sous le code 74 le « Copper and articles thereof ».
Le Maroc exporte également du cuivre
Le Maroc ne se limite pas aux importations. En 2025, le Royaume a déclaré environ 388 millions de dollars d’exportations relevant du même chapitre.
Les principaux débouchés étaient notamment l’Espagne et la Chine, suivies de la France et de la Belgique.
La différence entre les deux flux fait apparaître un déficit commercial proche de 1,98 milliard de dollars pour cette catégorie de produits. Ce montant illustre l’importance des approvisionnements extérieurs pour répondre aux besoins du marché marocain en cuivre et en produits dérivés.
Des écarts importants entre les statistiques marocaines et celles des fournisseurs
La comparaison des données déclarées par le Maroc avec les statistiques dites « miroir » fait toutefois apparaître des écarts significatifs.
Selon les données recensées par WITS du côté des pays fournisseurs, les exportations vers le Maroc auraient atteint 641,2 millions de dollars pour l’Espagne, 478,2 millions pour la Belgique, 110,4 millions pour la France et 59,6 millions pour l’Allemagne.
Ces montants ne doivent pas être additionnés aux importations marocaines, puisqu’ils correspondent à l’autre face statistique des mêmes échanges.
L’écart est néanmoins important. Le Maroc comptabilise ainsi 1,207 milliard de dollars d’importations en provenance d’Espagne, contre 641,2 millions de dollars déclarés comme exportations espagnoles vers le Royaume. Pour la Belgique, les données font apparaître respectivement 826,5 millions et 478,2 millions de dollars.
Pourquoi de telles différences statistiques ?
Les écarts entre les données d’un pays importateur et celles de ses partenaires commerciaux ne sont pas inhabituels dans les statistiques internationales.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer ces différences, notamment les méthodes de valorisation des marchandises, le choix du pays partenaire retenu dans les statistiques, les décalages entre les dates d’enregistrement des opérations, les réexportations ou encore les règles de classement douanier.
La confidentialité de certaines données commerciales peut également contribuer aux divergences observées.
Ces réserves n’enlèvent toutefois rien au principal enseignement des chiffres disponibles : les importations marocaines de cuivre et d’ouvrages en cuivre restent fortement concentrées sur quelques fournisseurs européens, avec l’Espagne et la Belgique en position dominante.





















