
Le groupe marocain SGTM poursuit son expansion dans le secteur du BTP avec un carnet de commandes qui atteint 34,8 milliards de dirhams à fin juin 2026. Malgré un léger recul par rapport aux 35,1 milliards enregistrés à fin 2025, ce portefeuille confirme la forte exposition du groupe aux grands projets d’infrastructures du Royaume.
Dakhla, Nador et Tanger au cœur des grands chantiers
Une partie importante des commandes de SGTM concerne plusieurs infrastructures stratégiques actuellement en construction au Maroc. Le groupe intervient notamment sur le port de Dakhla Atlantique, Nador West Med ainsi que sur le port passagers de Tanger Med.
Ces projets ont contribué à accélérer l’activité de SGTM dans les travaux maritimes et fluviaux au cours du premier semestre 2026. Ils s’inscrivent également dans la stratégie du Maroc visant à renforcer ses capacités portuaires et à améliorer la connexion des nouvelles infrastructures avec le reste du territoire.
À Casablanca, SGTM participe également à la réalisation du futur terminal Hub de l’aéroport Mohammed V. Le chantier se trouve encore dans sa phase initiale, consacrée notamment aux études et à l’installation, avant une montée en puissance progressive des travaux.
Les investissements de SGTM bondissent de 47 %
L’importance des projets engagés se reflète déjà dans les investissements du groupe. SGTM a consacré 377 millions de dirhams à ses investissements au cours des six premiers mois de 2026, contre 256 millions un an auparavant, soit une progression de 47,3 %.
Sur le seul deuxième trimestre, les investissements ont atteint 247 millions de dirhams, affichant une hausse de 68,3 %. Ces dépenses sont principalement destinées à mobiliser les équipements et les moyens nécessaires au lancement et à la montée en puissance des nouveaux chantiers.
L’endettement net atteint 2,4 milliards de dirhams
Cette accélération des investissements s’accompagne d’une forte augmentation de l’endettement. La dette nette de SGTM est passée de 156 millions de dirhams à fin décembre 2025 à 2,4 milliards de dirhams au 30 juin 2026.
Le groupe explique cette évolution par les besoins importants de financement au démarrage des grands projets. Les dépenses liées aux équipements et au lancement des travaux interviennent en effet avant que l’avancement des chantiers ne permette de générer progressivement les encaissements correspondants.
Le chiffre d’affaires recule de 7,2 %
Malgré un carnet de commandes particulièrement élevé, le chiffre d’affaires de SGTM s’est établi à 6,6 milliards de dirhams au premier semestre 2026, en baisse de 7,2 % sur un an.
Au deuxième trimestre, les revenus ont atteint 3,578 milliards de dirhams, enregistrant un recul de 14,2 %. SGTM attribue cette évolution à une période de transition entre les grands chantiers achevés en 2025 et les nouveaux projets qui entrent progressivement dans leur phase d’exécution.
Un carnet de commandes dominé par le secteur public
La structure du portefeuille de 34,8 milliards de dirhams met en évidence le poids des donneurs d’ordre institutionnels dans l’activité de SGTM. Le secteur semi-public représente 70,9 % du carnet de commandes, contre 26,8 % pour le secteur public et seulement 2,3 % pour le secteur privé.
Au-delà des infrastructures portuaires et aéroportuaires, le groupe poursuit également son activité dans le domaine hydraulique. Après avoir livré les barrages Sidi Abbou et Aït Ziat en 2025, SGTM indique notamment avoir entamé les travaux du barrage Bou Ahmed.
Un portefeuille supérieur à cinq fois le chiffre d’affaires semestriel
Avec 34,8 milliards de dirhams de commandes restant à exécuter, SGTM dispose d’une visibilité importante sur son activité future. Ce carnet représente plus de cinq fois le chiffre d’affaires réalisé par le groupe au premier semestre 2026.
Cette situation intervient quelques mois après l’introduction de SGTM à la Bourse de Casablanca et confirme le rôle croissant du groupe dans les grands programmes d’infrastructures du Maroc. Entre les ports, les aéroports, les barrages et les autres ouvrages structurants, SGTM se retrouve ainsi au cœur de plusieurs projets majeurs qui accompagnent la transformation du pays à l’horizon 2030.




















