Economie

Economie

Les tomates marocaines accentuent la pression sur la production espagnole et poussent des milliers d’agriculteurs à changer d’activité

La filière espagnole de la tomate fait face à une pression croissante, dans un contexte marqué par le renforcement de la concurrence des produits marocains sur le marché européen. Cette situation commence à se répercuter directement sur les superficies consacrées à cette culture ainsi que sur les emplois qui en dépendent.

Au cours des cinq dernières années, l’Espagne aurait perdu environ 4.000 hectares de terres dédiées à la culture de la tomate, tandis que le secteur estime que cette contraction aurait entraîné la disparition d’environ 24.000 emplois.

Cette évolution est principalement attribuée à l’intensification de la concurrence sur les marchés européens, notamment de la part des tomates marocaines, qui disposent d’un avantage important en matière de prix.

Un hectare consacré à la production de tomates génère en moyenne environ six emplois. La diminution de plusieurs milliers d’hectares se traduit donc directement par une baisse du nombre d’emplois liés à cette activité agricole.

Les superficies consacrées à la culture hivernale de la tomate dans la péninsule Ibérique sont ainsi passées d’environ 12.000 à 8.000 hectares. Face à cette situation, plusieurs producteurs se tournent vers d’autres cultures, à la recherche de marges plus importantes et d’une meilleure capacité à faire face à la concurrence.

Le facteur prix constitue l’un des principaux points de tension au sein de la filière espagnole. L’écart entre les coûts et les prix des tomates marocaines et ceux des produits espagnols rend la concurrence particulièrement difficile pour les producteurs locaux.

Les tomates marocaines peuvent entrer sur le marché européen à un prix avoisinant 0,46 euro le kilogramme, tandis que le prix moyen en Espagne atteindrait environ 1 euro le kilogramme. Cet écart pèse sur la compétitivité des producteurs espagnols et leur capacité à maintenir leurs parts de marché.

Les conséquences de cette concurrence ne se limitent pas aux prix et aux volumes commercialisés. Elles concernent également l’avenir des superficies agricoles traditionnellement dédiées à la tomate, certains exploitants étant contraints de revoir leurs choix de production et de se tourner vers d’autres cultures.

De son côté, le Maroc continue de renforcer sa position en tant que fournisseur important de fruits et légumes sur les marchés européens. Le Royaume bénéficie notamment de sa proximité géographique avec l’Europe, du développement de ses chaînes de production et d’exportation, ainsi que de sa capacité à approvisionner les marchés durant certaines périodes où la production européenne est moins importante.

La progression des exportations marocaines de tomates alimente ainsi le débat agricole en Espagne, notamment autour de la diminution des superficies cultivées et de ses conséquences économiques et sociales dans les principales régions productrices.

Cette évolution illustre une transformation de la concurrence entre les producteurs marocains et espagnols, désormais liée non seulement aux parts de marché, mais également aux coûts de production, aux prix, à la viabilité des exploitations agricoles et à l’avenir de l’emploi dans le secteur agricole européen.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

quinze − treize =