
L’industrie pharmaceutique au Maroc aborde une phase déterminante vers la leadership régional, alors que le réagencement mondial des chaînes stratégiques, accentué par la décision américaine d’imposer des taxes sur les produits européens et l’imminent « Pacte de la Méditerranée » de l’Union européenne, offre au Royaume une opportunité unique de s’imposer comme une base industrielle euro-méditerranéenne et africaine de premier plan.
Pour Amine Sekhri, président du LEMM (Les Entreprises du Médicament au Maroc), cette conjoncture est une chance historique : « Cette dynamique ouvre des perspectives intéressantes que le Maroc peut transformer en atouts durables pour son secteur pharmaceutique. Grâce à sa stabilité, à la solidité de ses infrastructures et à la Vision Royale en matière de souveraineté sanitaire, le Maroc est idéalement positionné pour devenir un hub pharmaceutique régional. »
Selon une interview du journal Le Matin avec M. Sekhri, les transformations mondiales actuelles permettent d’ouvrir des perspectives inédites en matière de production, d’investissement et d’innovation. « Les multinationales présentes au Maroc, réunies au sein du LEMM, disposent d’une empreinte mondiale et peuvent connecter le Royaume aux chaînes de valeur internationales, renforçant ainsi sa place comme pôle de référence au niveau euro-méditerranéen et africain », ajoute-t-il.
Attirer les investissements : un cadre stratégique indispensable
Interrogé sur les attentes pour capter de nouveaux investissements, Amine Sekhri souligne l’importance d’un dialogue stratégique de haut niveau avec les autorités et les parties prenantes : « Notre priorité est de co-construire une vision partagée et de mettre en place un cadre incitatif, stable et prévisible. Cela permettra de renforcer l’attractivité du Maroc tout en garantissant une politique de prix équilibrée et une reconnaissance claire de l’innovation et de la R&D. »
Il insiste également sur le rôle des filiales marocaines des multinationales, qui représentent plus de la moitié du marché national : « Ces entreprises souhaitent dépasser l’approche transactionnelle pour devenir des partenaires de long terme, pleinement engagés dans les initiatives nationales comme la couverture sanitaire, la prévention et l’accès à l’innovation. »
Dans ce contexte, le Pacte pour la Méditerranée constitue selon lui « une opportunité précieuse pour faire de la santé un levier de souveraineté, de développement et d’attractivité ».
Accompagner la transformation : innovation et formation au cœur de la stratégie
Concernant l’accompagnement de la transformation du secteur, M. Sekhri précise : « L’engagement des filiales marocaines est constant : transfert de savoir-faire, investissements industriels et non industriels – notamment en R&D –, formation des professionnels de santé et initiatives alignées sur les priorités nationales. »
Il insiste sur la nécessité de préserver l’écosystème existant et d’assurer l’équilibre entre les différents acteurs : « Il est crucial de ne pas fragiliser ceux déjà établis afin de créer un environnement favorable aux investissements et à la durabilité. Notre ambition collective est claire : faire du Maroc un hub africain et euro-méditerranéen de référence, reconnu pour son attractivité, son innovation et sa souveraineté sanitaire. »
Le Maroc, un leader régional en devenir
Amine Sekhri conclut en affirmant que le Maroc, s’il poursuit sur cette voie, a tous les atouts pour conforter son rôle de leader régional : stabilité, infrastructures solides, vision stratégique et engagement des acteurs privés et publics. Le Royaume pourrait ainsi transformer les défis internationaux en opportunités durables et asseoir sa place en tant que référence africaine et euro-méditerranéenne dans l’industrie pharmaceutique.





















