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OCP envisage une plate-forme régionale au Panama

Le groupe marocain OCP étudie la possibilité d’implanter au Panama une plate-forme régionale dédiée à la distribution de ses engrais vers les marchés d’Amérique latine. Les autorités panaméennes ont engagé les premières démarches pour identifier les conditions logistiques, réglementaires et fiscales susceptibles d’accompagner une telle implantation, qui reste pour l’heure à l’étude.

Panama veut convaincre OCP d’y établir sa base régionale

Le ministère panaméen du Développement agricole (MIDA) a annoncé, le 15 septembre, la tenue d’une réunion interministérielle consacrée au projet. OCP a manifesté son intérêt pour le territoire panaméen en tant que point de distribution régional, mais n’a pas encore annoncé de décision d’investissement.

Les autorités locales travaillent désormais à la préparation d’une proposition susceptible d’être soumise au groupe marocain. La réunion, organisée au ministère des Relations extérieures, a réuni plusieurs administrations, notamment le MIDA, les services chargés des relations économiques internationales, le ministère du Commerce et de l’Industrie, les responsables des zones franches ainsi que le Secrétariat national de la science, de la technologie et de l’innovation (SENACYT).

Les discussions portent notamment sur les infrastructures disponibles, les solutions logistiques, les régimes réglementaires applicables ainsi que les éventuelles incitations fiscales et économiques dont pourrait bénéficier une implantation d’OCP.

Un projet discuté depuis plusieurs mois

Cette initiative s’inscrit dans le prolongement des échanges engagés entre les deux pays au début de l’année. En janvier, le ministre panaméen du Développement agricole, Roberto Linares, avait effectué une visite au Maroc et s’était rendu sur des installations du groupe OCP.

À cette occasion, le Panama avait déjà exprimé son souhait d’accueillir un centre de distribution capable de desservir plusieurs marchés latino-américains. L’objectif repose notamment sur la position géographique stratégique du pays, au carrefour des principales routes maritimes et doté d’infrastructures logistiques permettant de connecter rapidement différents marchés de la région.

Le projet actuellement étudié concerne ainsi une plate-forme de distribution et non la construction d’une usine locale de production d’engrais.

Le Panama cherche à diversifier ses approvisionnements

Pour les autorités panaméennes, l’enjeu est également lié au coût des engrais importés, qui pèse sur les exploitations agricoles. Le vice-ministre José Aníbal Rincón estime qu’une implantation régionale d’un fournisseur comme OCP pourrait contribuer à diversifier les sources d’approvisionnement du Panama et des pays voisins.

Les deux pays disposent déjà d’une première expérience concrète dans ce domaine. Un mémorandum signé en juin 2025 prévoit la fourniture par le Maroc de 1 000 tonnes d’engrais par an au Panama sur la période 2026-2028, via l’Agence marocaine de coopération internationale (AMCI).

Le premier envoi prévu pour 2026 a été acheminé dans 40 conteneurs. À la fin du mois de juin, le Panama avait réceptionné 900 tonnes, les 100 tonnes restantes devant être livrées ultérieurement.

Une première opération qui pourrait servir de modèle

Les engrais fournis dans le cadre de cette coopération sont destinés à quelque 4 000 producteurs familiaux ainsi qu’à plus de 300 jardins scolaires répartis dans différentes régions du Panama.

Avant leur distribution, les autorités panaméennes avaient procédé à des contrôles sur des échantillons à travers leurs services phytosanitaires, avant d’organiser l’acheminement des produits vers leurs antennes régionales.

Cette première opération constitue donc une expérience logistique concrète entre les deux pays, alors que Panama cherche désormais à attirer une présence commerciale plus durable d’OCP sur son territoire.

En avril, le MIDA avait également indiqué étudier l’acquisition supplémentaire de 30 000 à 40 000 tonnes d’engrais, avec l’objectif de les proposer aux agriculteurs au prix de revient. Les discussions du Panama ne se limitent toutefois pas au Maroc, puisque le pays échange également avec le Brésil et plusieurs partenaires asiatiques sur ses futurs approvisionnements.

OCP mise sur l’expansion de ses capacités

L’intérêt du projet réside surtout dans sa dimension régionale. Une éventuelle base au Panama permettrait à OCP de disposer d’un point d’appui logistique pour approvisionner non seulement le marché panaméen, mais aussi d’autres économies d’Amérique latine.

Le groupe marocain dispose actuellement d’une capacité annuelle de 15 millions de tonnes de solutions de nutrition des plantes et prévoit de la porter à 20 millions de tonnes à l’horizon 2027.

Si le projet panaméen se concrétise, cette plate-forme pourrait ainsi accompagner l’augmentation des volumes du groupe tout en renforçant sa présence commerciale dans la région. À ce stade, cependant, aucune information officielle n’a été communiquée concernant les capacités de stockage, les infrastructures portuaires, le terminal qui pourrait être utilisé ou encore le montant d’un éventuel investissement.

Le projet demeure donc au stade des discussions, les autorités panaméennes cherchant actuellement à définir les conditions susceptibles de convaincre OCP de faire du Panama un hub régional pour ses engrais.

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