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Batteries électriques : l’AIE place le Maroc parmi les futurs pôles stratégiques de la filière mondiale

Le Maroc confirme son ambition de devenir un acteur majeur de la chaîne de valeur mondiale des batteries pour véhicules électriques. Dans son rapport Global Critical Minerals Outlook 2026, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) identifie le Royaume comme l’un des futurs pôles stratégiques de production des composants destinés aux batteries lithium-fer-phosphate (LFP), une technologie qui domine désormais le marché mondial de la mobilité électrique.

Cette reconnaissance repose notamment sur l’immense potentiel phosphatier du Maroc, qui détient près de 70 % des réserves mondiales de roche phosphatée, une ressource essentielle pour la fabrication d’acide phosphorique purifié (PPA), un composant indispensable aux batteries de nouvelle génération.

Un atout géologique exceptionnel, mais un défi industriel à relever

Si le Royaume possède les plus importantes réserves mondiales de phosphate, il ne représente encore qu’une part limitée de la chaîne de valeur industrielle.

Selon les projections de l’AIE, le Maroc devrait disposer d’environ 5 % des capacités mondiales de production d’acide phosphorique purifié (PPA) d’ici 2035, loin derrière la Chine, qui conserverait près de 75 % des capacités mondiales.

L’Agence souligne que la véritable valeur ajoutée se situe désormais dans la transformation chimique du phosphate plutôt que dans l’extraction de la matière première.

Les investissements industriels accélèrent

Pour combler ce retard, le Maroc multiplie les investissements dans les industries liées aux batteries électriques.

Plusieurs groupes internationaux, notamment chinois, développent actuellement des projets industriels au Royaume afin de produire des matériaux destinés aux batteries LFP. Ces investissements s’appuient sur plusieurs avantages compétitifs du Maroc :

  • des réserves abondantes de phosphate ;
  • une proximité géographique avec l’Europe ;
  • des accords de libre-échange avec les États-Unis et plusieurs partenaires internationaux ;
  • une stratégie industrielle orientée vers les technologies vertes.

Le Royaume s’impose ainsi comme une plateforme industrielle attractive pour alimenter les marchés européen et nord-américain.

Cobalt et graphite : une diversification de la filière

Au-delà du phosphate, le Maroc renforce également sa présence sur d’autres segments stratégiques des batteries.

Le groupe Managem développe notamment un projet de production de sulfate de cobalt destiné à l’industrie automobile électrique à partir de son site de Bou Azzer.

Parallèlement, la future usine de production d’anodes en graphite à Tanger viendra compléter l’écosystème industriel marocain dédié aux batteries, aux côtés d’autres projets développés en Europe et en Amérique du Nord.

Ces investissements permettent au Royaume de diversifier progressivement sa présence sur les différentes étapes de fabrication des batteries.

Une concurrence mondiale toujours dominée par la Chine

Malgré cette dynamique, l’AIE rappelle que la Chine conserve une avance considérable sur l’ensemble de la chaîne de valeur des minerais critiques.

Le pays domine aujourd’hui le raffinage du cobalt, la production d’acide phosphorique purifié, la fabrication des composants des batteries ainsi que de nombreux procédés industriels indispensables à cette industrie.

Le Maroc devra donc poursuivre ses investissements dans la chimie, les technologies industrielles, les compétences et la recherche afin de capter une part plus importante de la valeur ajoutée mondiale.

Une opportunité stratégique pour l’économie marocaine

Dans un contexte de forte croissance de la demande mondiale en batteries électriques, les minerais critiques deviennent un levier majeur de compétitivité industrielle.

Grâce à ses ressources naturelles, à sa politique d’industrialisation et à l’arrivée de grands investisseurs internationaux, le Maroc dispose d’atouts solides pour s’imposer comme une plateforme incontournable de la transition énergétique.

Le défi consiste désormais à transformer cet avantage géologique en leadership industriel, en développant localement les activités de raffinage, de chimie avancée et de fabrication de composants à forte valeur ajoutée.

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