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une étude en préparation pour interconnecter trois sous-bassins du Sebou

L’Agence du bassin hydraulique du Sebou prépare une étude visant à examiner la faisabilité de l’interconnexion de trois sous-bassins majeurs du grand bassin : l’Ouergha, le Lben et l’Inaouen. Une initiative qui s’inscrit dans la stratégie nationale de renforcement de la résilience hydrique du Royaume.

Ce projet intervient dans un contexte de raréfaction accélérée des ressources en eau, particulièrement dans le nord du Maroc, où les épisodes de sécheresse deviennent de plus en plus fréquents et structurels.

Le barrage Idriss Ier au cœur du dispositif

Au centre de cette réflexion figure le barrage Idriss Ier, implanté sur l’oued Inaouen entre les provinces de Taza et Taounate. Cet ouvrage constitue un pilier essentiel de l’alimentation en eau potable et de l’irrigation dans la région.

Cependant, ses apports hydriques deviennent de plus en plus irréguliers sous l’effet des changements climatiques et de la variabilité des précipitations, fragilisant ainsi son rôle stratégique.

L’idée d’un transfert d’eau entre bassins

Le principe étudié repose sur une logique de solidarité hydraulique entre bassins versants. Il s’agirait de transférer les excédents d’eau du sous-bassin de l’Ouergha, plus arrosé grâce aux reliefs du Rif, vers le bassin déficitaire de l’Inaouen, en passant par le corridor naturel de l’oued Lben.

Cette interconnexion permettrait, si elle est jugée faisable, de mieux équilibrer la répartition des ressources hydriques entre les territoires.

Une étude technique en deux phases

L’étude, prévue sur une durée de dix mois, sera menée en deux étapes complémentaires.

La première phase consistera à collecter et analyser les données hydrologiques et climatiques des trois sous-bassins, puis à élaborer un modèle de simulation du système hydraulique. Ce modèle intégrera notamment les projections climatiques et différents scénarios de disponibilité et de demande en eau.

La seconde phase portera sur l’avant-projet sommaire (APS), incluant l’étude des tracés possibles, le dimensionnement des infrastructures (conduites, stations de pompage, ouvrages hydrauliques) ainsi que l’estimation des coûts d’investissement et d’exploitation.

Un projet inscrit dans la stratégie nationale de l’eau

Ce chantier s’inscrit dans le cadre du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation (PNAEPI 2020-2027), qui fait des interconnexions hydrauliques un levier central de la politique de l’eau au Maroc.

Face à une baisse continue de la disponibilité en eau par habitant, le Royaume mise sur la mutualisation des ressources entre bassins excédentaires et déficitaires afin de renforcer sa sécurité hydrique.

Une décision stratégique à venir

À l’issue de l’étude, les autorités disposeront d’une évaluation complète de la faisabilité technique, économique et environnementale du projet. Celle-ci pourrait ouvrir la voie à un chantier hydraulique d’envergure nationale ou orienter vers d’autres solutions de gestion de la demande en eau.

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