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Le Maroc mise sur l’hydrogène vert pour renforcer sa souveraineté énergétique et industrielle

Le Maroc accélère sa stratégie dans le domaine de l’hydrogène vert afin de s’imposer comme un acteur majeur de la production d’e-carburants et de dérivés énergétiques propres, dans un contexte mondial où la filière peine encore à concrétiser ses ambitions.

Une stratégie d’investissement ambitieuse
Avec environ 32 milliards de dollars d’investissements engagés, le Royaume adopte une approche structurée visant à transformer son potentiel en résultats industriels concrets. Cette dynamique s’appuie sur une chaîne de valeur intégrée allant de la production d’énergies renouvelables à la transformation locale en e-méthanol et e-ammoniac.

Un positionnement stratégique sur le marché mondial
Le Maroc figure parmi les pays les plus actifs dans les investissements publics liés à l’hydrogène vert, se classant derrière l’Allemagne et devant plusieurs pays européens. Cette position s’explique par ses atouts naturels (ensoleillement, vent), sa situation géographique stratégique et ses infrastructures portuaires en développement.

L’objectif n’est pas uniquement l’exportation d’hydrogène brut, mais la production de produits à forte valeur ajoutée destinés notamment aux marchés européens.

Réduire la dépendance aux importations
Le Royaume importe chaque année près de 2 milliards de dollars d’ammoniac, un intrant essentiel pour l’industrie des engrais. La production d’ammoniac vert à partir d’hydrogène renouvelable permettrait de réduire cette dépendance tout en renforçant la souveraineté industrielle nationale.

Les objectifs fixés sont ambitieux, avec une production d’un million de tonnes d’ammoniac vert d’ici 2027 et trois millions de tonnes à l’horizon 2030.

Déploiement d’infrastructures et dessalement
Pour accompagner cette transition, un vaste programme de dessalement est en cours, avec la planification de 17 stations d’ici 2026 et une capacité attendue de 1,7 milliard de mètres cubes par an à l’horizon 2030.

Par ailleurs, l’e-méthanol est identifié comme un produit stratégique, notamment pour la décarbonation du transport maritime et l’industrie chimique.

Défis réglementaires et technologiques
Malgré ces avancées, plusieurs obstacles persistent, notamment sur le plan réglementaire européen, où des exigences strictes encadrent la production d’e-méthanol, en particulier concernant l’origine du CO₂ utilisé.

Sur le plan technologique, des limites liées au procédé Haber-Bosch, utilisé pour la production d’ammoniac, continuent de freiner l’optimisation industrielle, ouvrant la voie à la recherche de solutions plus innovantes et décentralisées.

Un partenariat renforcé avec l’Union européenne
La coopération entre le Maroc et l’Union européenne se consolide, avec un intérêt croissant des acheteurs européens pour les projets marocains liés à l’hydrogène vert. Un soutien financier et technique accompagne également les réformes et la recherche dans ce domaine.

Vers un hub énergétique régional
Le développement d’un hub dédié dans la région de Guelmim-Oued Noun illustre la volonté du Royaume de structurer une filière intégrée dans les provinces du Sud, tout en renforçant son rôle dans le commerce mondial des énergies propres.

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