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Le Maroc prépare le lancement des services bancaires ouverts à partir de 2027

Le secteur financier marocain s’apprête à franchir une nouvelle étape dans sa transformation numérique. Bank Al-Maghrib avance dans la mise en place du cadre réglementaire dédié aux services bancaires ouverts, dont le déploiement progressif est attendu à partir du premier trimestre 2027.

Avec l’appui technique de la Banque mondiale et en coordination avec les banques ainsi que les différents acteurs concernés, Bank Al-Maghrib travaille à l’élaboration d’un dispositif national destiné à encadrer les services bancaires ouverts.

Ce système permettra aux clients de partager, de manière sécurisée, leurs données financières avec des applications ou des entreprises financières tierces, sous réserve de leur consentement explicite. Les échanges s’effectueront notamment à travers des interfaces de programmation applicative (API), permettant la communication entre différents systèmes numériques dans un cadre réglementé.

Cette évolution pourrait transformer l’accès aux services financiers. Les utilisateurs pourront notamment regrouper plusieurs comptes bancaires sur une même plateforme, effectuer des paiements via des applications tierces ou bénéficier de services financiers personnalisés à partir de leurs données bancaires, tout en conservant le contrôle sur le partage de leurs informations.

Les entreprises devraient également tirer profit de cette évolution grâce à un suivi plus rapide des liquidités et des flux financiers, à l’automatisation de certaines opérations comptables et financières ainsi qu’à la réduction de certains coûts de transaction.

À l’échelle du marché, l’ouverture encadrée des données financières devrait favoriser la concurrence entre les différents acteurs et encourager l’émergence de nouveaux produits et services, notamment avec le développement des entreprises de technologies financières.

Selon le centre de recherche BKGR, le projet vise à mettre en place un écosystème unifié, sécurisé et évolutif, permettant le partage des données selon des règles clairement définies et garantissant l’interopérabilité entre les différentes composantes du système financier.

Les travaux avancent actuellement selon deux axes. Le premier porte sur l’élaboration du cadre contractuel et réglementaire des services bancaires ouverts, en concertation avec le Groupement professionnel des banques du Maroc. Le second concerne la définition des normes techniques, des exigences liées aux interfaces de programmation applicative ainsi que la mise en place d’un dispositif de gouvernance.

La convergence de ces deux volets devrait permettre de définir le modèle marocain des services bancaires ouverts et d’établir une feuille de route pour leur déploiement progressif à l’échelle nationale.

Cette réforme intervient alors que l’écosystème marocain des technologies financières connaît une croissance notable. Au cours des trois dernières années, Bank Al-Maghrib a reçu des demandes d’avis réglementaires ou d’agréments de la part de 48 jeunes entreprises opérant dans ce secteur.

Parmi elles, 13 entreprises ont participé aux échanges organisés avec la banque centrale dans le cadre du « Regulatory Sandbox » mis en place par le Moroccan Fintech Center en octobre 2025.

La majorité de ces entreprises sont marocaines, tandis que huit sont établies à l’étranger, notamment en Égypte, en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis, en Inde, au Royaume-Uni, en Uruguay et en Afrique du Sud.

Leurs solutions couvrent notamment les paiements, le financement participatif, l’intermédiation bancaire, les applications basées sur l’intelligence artificielle, le paiement fractionné, les plateformes de comparaison des prix, les comptes séquestres, l’épargne numérique ainsi que les services bancaires ouverts.

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