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Le Maroc attire 1,5 milliard de dollars de capitaux privés par an

Le Maroc s’impose parmi les principaux bénéficiaires mondiaux des capitaux privés mobilisés grâce aux interventions publiques de développement. Entre 2021 et 2024, le Royaume a attiré en moyenne 1,5 milliard de dollars par an, selon le rapport 2026 de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), publié dimanche 2 août.

Avec ce montant, le Maroc se classe au 10e rang mondial ex aequo avec la Serbie. Sur l’ensemble des quatre années étudiées, le Royaume aurait ainsi attiré environ 6 milliards de dollars de capitaux privés, calculés aux prix constants de 2023.

Le Maroc, troisième bénéficiaire africain

À l’échelle du continent africain, le Maroc occupe la troisième position. Il est devancé par l’Afrique du Sud, qui a attiré en moyenne 1,7 milliard de dollars par an, et par l’Égypte, avec 1,6 milliard de dollars.

Le Royaume se positionne ainsi devant l’Éthiopie, créditée de 1,2 milliard de dollars par an, le Kenya avec 800 millions de dollars et le Nigeria avec 700 millions.

À l’échelle mondiale, le Brésil domine largement le classement avec 6,5 milliards de dollars de capitaux privés attirés chaque année. L’Inde arrive en deuxième position avec 5,7 milliards, suivie de la Turquie avec 3,2 milliards, du Mexique avec 2,1 milliards et de la Colombie avec 2 milliards.

L’Afrique concentre 30% des capitaux mobilisés

Le continent africain a constitué la première région bénéficiaire des capitaux privés mobilisés par les interventions publiques de développement entre 2021 et 2024. L’Afrique a attiré en moyenne 19,7 milliards de dollars par an, soit environ 30% du total mondial.

L’Amérique latine et les Caraïbes arrivent derrière avec 18 milliards de dollars par an, représentant 28% du total. L’Asie a reçu 16,5 milliards, soit 25%, tandis que l’Europe a concentré 11% des sommes mobilisées. L’Océanie ne représente pour sa part que 0,1%.

Selon l’OCDE, les garanties ont constitué le principal instrument utilisé en Afrique pour attirer les capitaux privés, devant les investissements directs, les prêts syndiqués et les participations dans des véhicules collectifs de placement.

Les pays à revenu intermédiaire concentrent 69% des flux

Les pays à revenu intermédiaire ont capté 69% des capitaux privés mobilisés au cours de la période étudiée. La tranche supérieure en a concentré 42%, contre 27% pour la tranche inférieure.

Les pays les moins avancés n’ont reçu que 8% des sommes, tandis que les 23% restants n’ont pas été ventilés selon les catégories de revenu.

Les économies fragiles ont, quant à elles, attiré en moyenne 5,7 milliards de dollars par an entre 2021 et 2024. Les petits États insulaires en développement ont reçu environ 1,1 milliard de dollars annuellement.

Plus de 600 milliards de dollars mobilisés depuis 2012

Sur l’ensemble de la période 2012-2024, les interventions publiques de développement ont permis d’attirer plus de 600 milliards de dollars de ressources privées.

Le montant annuel des capitaux mobilisés est passé de 17 milliards de dollars en 2012 à 75 milliards en 2024, aux prix constants de 2023. La progression s’est notamment accélérée ces dernières années, avec 66 milliards de dollars en 2022 et 70 milliards en 2023.

En valeur courante, le montant atteint en 2024 environ 77 milliards de dollars, soit une progression de 28,2% par rapport à 2020.

Entre 2021 et 2024, les garanties et les investissements directs ont représenté chacun 25% des apports annuels moyens. Les prêts syndiqués ont compté pour 20%, devant les participations dans des véhicules collectifs avec 15%, les lignes de crédit avec 9% et les cofinancements simples avec 7%.

Les infrastructures concentrent l’essentiel des financements

Les infrastructures et les services économiques ont bénéficié de près de 70% des capitaux privés mobilisés entre 2021 et 2024.

Les services bancaires et les activités d’entreprise ont représenté la principale catégorie avec 41,8% du total. Ils sont suivis par l’industrie, les mines et la construction avec 14,1%, l’énergie avec 13,7%, ainsi que les transports et l’entreposage avec 9,4%.

Les communications ont capté 5,3% des capitaux, devant l’agriculture, la sylviculture et la pêche avec 3,6%, la santé et la population avec 2,1% et l’eau et l’assainissement avec 1,9%.

L’OCDE signale toutefois une incohérence dans la présentation de certaines données sectorielles. Les valeurs du graphique sont exprimées en pourcentage du total, alors que certains commentaires du rapport les présentent comme des montants en milliards de dollars. En l’absence de données brutes permettant de trancher entre les deux lectures, les pourcentages du graphique sont retenus.

Le financement climatique attire 26,2 milliards de dollars par an

Les projets liés au climat ont également occupé une place importante. Ils ont attiré en moyenne 26,2 milliards de dollars de capitaux privés par an entre 2021 et 2024, soit environ 40% du total.

Près de 70% de ces financements ont été consacrés à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les projets combinant réduction des émissions et adaptation au changement climatique ont représenté 22%, tandis que les initiatives consacrées exclusivement à l’adaptation ont capté 8%.

L’Amérique latine et les Caraïbes ont reçu la plus grande part des capitaux privés liés au climat, avec 9,2 milliards de dollars par an. L’Asie arrive ensuite avec 6,4 milliards, suivie de l’Afrique avec 5,9 milliards.

Les banques multilatérales jouent un rôle central

Les banques multilatérales de développement ont représenté 71% des capitaux privés mobilisés entre 2021 et 2024. Les autres institutions multilatérales ont compté pour 5%, tandis que les pourvoyeurs bilatéraux ont représenté 24%.

La Société financière internationale (SFI) arrive en tête des institutions multilatérales, avec 20,62 milliards de dollars mobilisés en moyenne chaque année, soit 41% du total attribué aux institutions multilatérales.

Elle devance les institutions de l’Union européenne, avec 7,20 milliards de dollars, l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA), avec 5,64 milliards, BID Invest avec 4,14 milliards et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement avec 2,98 milliards.

La Banque africaine de développement a, pour sa part, mobilisé près de 1,97 milliard de dollars par an.

Les États-Unis, premier contributeur bilatéral

Du côté des contributeurs bilatéraux, les États-Unis occupent la première place avec 6,52 milliards de dollars mobilisés en moyenne par an, soit 42% du total bilatéral.

Le Royaume-Uni arrive en deuxième position avec 2,13 milliards de dollars, suivi de la France avec 2,06 milliards, de l’Allemagne avec 1,33 milliard et du Japon avec 1,02 milliard.

Les Pays-Bas, la Suède et la Norvège complètent le groupe de tête avec respectivement 530, 500 et 470 millions de dollars par an.

Les institutions bilatérales de financement du développement ont, de leur côté, attiré 42,8 milliards de dollars de capitaux privés entre 2021 et 2024. Le montant annuel est passé de 9,2 milliards de dollars en 2021 à 12,2 milliards en 2024.

La Société américaine de financement du développement international (DFC) domine ce segment avec 5,41 milliards de dollars mobilisés par an, devant Proparco avec 1,71 milliard et la British International Investment (BII) avec 1,40 milliard.

Un classement qui confirme l’attractivité du Maroc

Le classement établi par l’OCDE met en évidence la capacité du Maroc à mobiliser des capitaux privés à travers les mécanismes publics de développement.

Avec une moyenne annuelle de 1,5 milliard de dollars entre 2021 et 2024, le Royaume figure parmi les dix principaux bénéficiaires mondiaux ex aequo et occupe la troisième place en Afrique. Cette position souligne le rôle croissant des mécanismes de financement et de garantie dans l’accompagnement des investissements et des projets de développement au Maroc.

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