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Blé tendre : la collecte ralentit au Maroc et ravive les inquiétudes sur les importations

La campagne de collecte du blé tendre connaît un démarrage plus lent que prévu au Maroc. Au 2 juillet 2026, seulement 3 millions de quintaux avaient été réceptionnés, alors que les minotiers s’étaient engagés à collecter entre 15 et 20 millions de quintaux durant la période de juin-juillet. Cette situation suscite des interrogations quant à l’approvisionnement du marché et à une éventuelle reprise des importations dans les prochains mois.

Une collecte freinée par plusieurs facteurs

Selon les professionnels du secteur, plusieurs éléments expliquent ce retard. Les moissons ont commencé plus tard que prévu dans certaines régions, tandis que le manque de main-d’œuvre, l’insuffisance des moyens de transport et des équipements de récolte compliquent les opérations de collecte.

Les minotiers évoquent également un phénomène de rétention. De nombreux producteurs choisiraient de conserver leur récolte dans l’attente d’une éventuelle hausse des prix, malgré des offres pouvant atteindre 270 dirhams le quintal. Cette situation ralentit l’acheminement du blé vers les centres de stockage.

Les importations de nouveau au cœur des débats

Le faible niveau de collecte relance les discussions autour de la politique d’importation du blé tendre. Depuis le 1er juin 2026, le Maroc a rétabli les droits d’importation à 170 % afin de favoriser l’écoulement de la production nationale, une mesure prévue jusqu’au 31 juillet.

Toutefois, les professionnels indiquent qu’une prolongation de cette mesure jusqu’à la fin du mois d’août est actuellement envisagée, même si aucune décision officielle n’a encore été annoncée.

Les industriels appellent à une solution rapide

Les représentants de la filière estiment que le maintien prolongé des restrictions sur les importations pourrait créer de nouvelles tensions si les objectifs de collecte ne sont pas atteints.

Selon eux, un recours tardif aux marchés internationaux exposerait les opérateurs à une hausse des prix, à des difficultés logistiques dans les ports et à une augmentation des coûts d’approvisionnement.

Face à cette situation, les professionnels ont sollicité l’intervention du ministère de l’Agriculture afin d’identifier les causes du ralentissement de la collecte et d’encourager une commercialisation plus fluide de la récolte nationale.

Un enjeu majeur pour la sécurité alimentaire

Cette campagne est considérée comme stratégique après une récolte céréalière jugée favorable, estimée à près de 90 millions de quintaux. Les autorités cherchent à privilégier la production locale tout en garantissant un approvisionnement suffisant du marché national.

L’évolution de la collecte au cours des prochaines semaines sera déterminante pour décider du calendrier de reprise des importations et assurer l’équilibre entre soutien aux agriculteurs et stabilité des prix pour les consommateurs.

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