La passation de pouvoirs entre Aziz Akhannouch et Fatima Ezzahra El Mansouri s’est déroulée samedi 17 octobre 2026, au siège de la présidence du gouvernement à Rabat. Cette cérémonie marque le début effectif de la transition à la tête de l’Exécutif, après la nomination du nouveau gouvernement par le roi Mohammed VI, la veille.
Une transition officielle à la tête du gouvernement
Aziz Akhannouch a officiellement transmis les responsabilités gouvernementales à Fatima Ezzahra El Mansouri, coordinatrice nationale du Parti authenticité et modernité (PAM), nommée cheffe du gouvernement le 29 septembre dernier.
La cérémonie intervient moins de vingt-quatre heures après la nomination des membres du nouvel Exécutif au Palais royal de Rabat. Le gouvernement compte 32 membres, dont sept femmes et onze ministres délégués, issus d’une majorité composée du PAM, du Parti de l’Istiqlal, de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et du Parti du progrès et du socialisme (PPS).
À l’issue de la passation, les deux responsables ont passé en revue les principaux dossiers stratégiques et les chantiers en cours. Les échanges ont notamment porté sur la poursuite des projets sociaux, le soutien à la dynamique économique et l’amélioration de l’efficacité de l’administration publique, conformément aux orientations royales.
Des anciens partenaires désormais dans des camps opposés
Cette transition intervient dans un contexte de recomposition du paysage politique marocain à la suite des élections législatives du 23 septembre 2026.
Durant la précédente législature, Fatima Ezzahra El Mansouri occupait le poste de ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville dans le gouvernement dirigé par Aziz Akhannouch. Le PAM participait alors à la coalition gouvernementale aux côtés du Rassemblement national des indépendants (RNI) et de l’Istiqlal.
Les résultats du scrutin ont toutefois modifié les rapports de force entre ces formations. Le PAM est arrivé en tête avec 97 sièges à la Chambre des représentants, tandis que le RNI a obtenu 66 sièges, contre 102 lors des élections de 2021. L’Istiqlal a, pour sa part, remporté 65 sièges.
Le 12 octobre, Fatima Ezzahra El Mansouri a annoncé la formation d’une nouvelle majorité excluant le RNI. La coalition réunit le PAM, l’Istiqlal, l’USFP et le PPS, ces deux dernières formations ayant siégé dans l’opposition durant la législature précédente.
Avec un total de 207 députés sur 395, cette majorité dépasse le seuil de 198 sièges nécessaire pour atteindre la majorité absolue à la Chambre des représentants. Le parti d’Aziz Akhannouch rejoint ainsi les rangs de l’opposition.
L’investiture parlementaire, prochaine étape décisive
Malgré la nomination du nouvel Exécutif, son investiture parlementaire reste une étape déterminante. Fatima Ezzahra El Mansouri doit présenter le programme de son gouvernement devant les deux chambres du Parlement réunies en séance plénière commune, lundi 19 octobre 2026 à partir de 15 heures.
Conformément à l’article 88 de la Constitution, le gouvernement ne pourra obtenir son investiture qu’après l’approbation de son programme par la Chambre des représentants à la majorité absolue de ses membres.
Cette échéance intervient alors que le nouvel Exécutif doit également avancer sur plusieurs dossiers prioritaires, notamment la préparation du projet de loi de finances pour 2027.
Le texte budgétaire doit être examiné en Conseil des ministres avant son dépôt à la Chambre des représentants, au plus tard le 20 octobre. Fouzi Lekjaa, qui occupait précédemment le poste de ministre délégué chargé du Budget, prend désormais la tête du ministère de l’Économie, des Finances et de la Performance publique.
La nouvelle équipe gouvernementale devra ainsi concilier les engagements de son programme, les priorités économiques et sociales du Royaume et les échéances budgétaires immédiates, alors que le processus d’investiture parlementaire reste à achever.
