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La GIZ étudie les corridors verts pour le fret au Maroc

Le Maroc se retrouve au centre d’une nouvelle étude allemande consacrée à la décarbonation du transport de marchandises. La Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) a lancé, le 18 septembre, un appel d’offres portant sur une « étude sur les corridors verts et l’électrification du transport de marchandises au Maroc ».

Cette expertise doit analyser conjointement les grands flux de fret et les conditions nécessaires à leur transition vers la traction électrique. Une approche qui place le transport lourd et les chaînes logistiques au cœur des réflexions sur la mobilité bas carbone au Maroc.

Une étude dédiée aux grands flux logistiques

Référencé sous le numéro 10052121, le marché relève de l’UVgO, le cadre allemand applicable à certaines commandes publiques de fournitures et de services situées sous les seuils européens.

Le cahier public disponible à ce stade ne précise ni le montant du marché ni les axes routiers marocains qui pourraient être retenus. L’objectif affiché consiste toutefois à examiner la notion de « corridor vert » à travers plusieurs paramètres : les itinéraires empruntés par le fret, l’accès à l’électricité, l’implantation des infrastructures de recharge, les temps d’arrêt des poids lourds et les contraintes spécifiques aux opérateurs logistiques.

L’approche dépasse ainsi la seule question du véhicule électrique pour s’intéresser à l’ensemble de l’itinéraire logistique et aux infrastructures nécessaires à son fonctionnement.

Le transport lourd entre dans la stratégie d’électromobilité

Cette initiative s’inscrit dans la continuité du travail engagé par la coopération allemande au Maroc sur la mobilité électrique. Depuis août 2022, la GIZ met en œuvre un programme consacré à la mobilité alimentée par les énergies renouvelables, avec le financement du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), en partenariat avec le ministère marocain de la Transition énergétique et du Développement durable.

Prévu jusqu’au 31 juillet 2027, ce programme dispose d’un volume de financement de 6 millions d’euros. Jusqu’à présent, ses travaux portent notamment sur l’intégration des différents modes de transport, l’électromobilité, la numérisation et l’accessibilité de la mobilité.

Avec cette nouvelle étude, la réflexion s’étend davantage aux flux professionnels de marchandises et aux besoins spécifiques des poids lourds.

Un enjeu énergétique majeur pour les poids lourds

Selon la documentation de la GIZ, le secteur des transports représente près de 30 % des émissions de CO₂ du Maroc et environ 38 % de sa consommation finale d’énergie. L’organisme souligne également que le parc automobile marocain a plus que doublé entre 2006 et 2018, dans un contexte marqué par l’urbanisation et l’augmentation du trafic routier.

L’électrification du transport lourd pose toutefois des contraintes différentes de celles rencontrées par les véhicules particuliers. La puissance nécessaire aux bornes, les capacités du réseau électrique, la localisation des infrastructures de recharge, l’autonomie des camions, leur charge utile et la durée des arrêts sont autant de paramètres susceptibles d’influencer la faisabilité économique et technique d’un corridor électrique.

C’est précisément cette dimension globale que suggère l’association, dans l’intitulé du marché, entre électrification du fret et corridors verts.

D’Agadir aux grands axes de marchandises

Dans le cadre de son programme actuel, la GIZ travaille déjà avec les autorités marocaines sur différentes composantes de la mobilité durable. Agadir constitue notamment une ville pilote pour certains projets, avec des plans locaux et plusieurs expérimentations.

La nouvelle étude ouvre une perspective plus large, en s’intéressant aux chaînes logistiques reliant notamment les zones industrielles, les plateformes portuaires et les principaux bassins de consommation. L’enjeu est donc de réfléchir à l’électrification à l’échelle d’un parcours complet, plutôt qu’à celle du seul véhicule.

Une expertise à la croisée de l’énergie et de la logistique

Présente au Maroc depuis 1975 et dotée d’un bureau à Rabat depuis 1999, la GIZ intervient depuis plusieurs décennies sur des questions liées au développement, à l’énergie, au climat et aux infrastructures durables.

L’organisme rappelle par ailleurs l’objectif marocain de porter à 52 % la part des énergies renouvelables dans le bouquet électrique à l’horizon 2030. Dans ce contexte, l’étude consacrée aux corridors verts pourrait contribuer à rapprocher deux enjeux : la décarbonation du transport routier de marchandises et l’évolution du système énergétique nécessaire pour accompagner les grands flux logistiques.

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