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OCP confie à Abdeljalil Chakir la valorisation du phosphogypse

Le groupe OCP accélère ses efforts pour transformer le phosphogypse en une ressource industrielle. Abdeljalil Chakir, directeur du site OCP de Safi, a été chargé de piloter une mission dédiée à la valorisation et à l’industrialisation des solutions développées autour de ce coproduit issu de la fabrication de l’acide phosphorique.

Cette nouvelle mission intervient dans un contexte de hausse attendue des capacités de production du groupe. L’augmentation des volumes d’acide phosphorique devrait mécaniquement entraîner une progression des quantités de phosphogypse produites, renforçant la nécessité de développer des solutions de traitement, de stockage et surtout de valorisation à long terme.

Le soufre au centre des recherches

L’un des principaux axes identifiés concerne la récupération du soufre contenu dans le phosphogypse. Pour OCP, cette piste présente un intérêt stratégique alors que le soufre constitue une matière première essentielle à la fabrication des engrais et que son approvisionnement reste exposé aux tensions du marché et aux aléas géopolitiques.

La démarche ne se limite toutefois pas à cette seule filière. Le groupe entend également identifier plusieurs voies de valorisation susceptibles de transformer progressivement le phosphogypse en matière première pour de nouvelles applications industrielles.

Une mission associant OCP et l’UM6P

Abdeljalil Chakir devra travailler avec l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), les Strategic Business Units d’OCP, les structures d’innovation du groupe ainsi que différentes entités de l’entreprise.

La mission devra notamment définir des solutions permettant de gérer les volumes actuels et futurs de phosphogypse dans des conditions compatibles avec les exigences environnementales. Elle devra également identifier les technologies et partenariats nécessaires pour faire passer les procédés retenus du stade de la recherche à celui de l’application industrielle.

Selon les éléments communiqués, le responsable de la mission devra soumettre au groupe une charte précisant les résultats attendus, les indicateurs de performance, les moyens nécessaires, les contributions des différentes parties prenantes ainsi que la feuille de route et le calendrier de réalisation.

Le stockage reste un enjeu majeur

En parallèle de la recherche de solutions de valorisation, OCP poursuit le développement de capacités de stockage adaptées aux volumes générés par ses activités industrielles.

À Jorf Lasfar, une installation de stockage de phosphogypse pouvant atteindre une capacité de 22 millions de tonnes fait notamment l’objet d’un financement et d’un accompagnement institutionnel. La Société financière internationale (IFC) indique que le projet vise à renforcer la gestion durable du phosphogypse produit par le complexe industriel.

Le groupe indique par ailleurs que sa nouvelle plateforme de Mzinda Phosphate Hub intègre le stockage du phosphogypse produit ainsi que des boucles de fonctionnement destinées à limiter les rejets et à améliorer l’efficacité environnementale du site.

De la recherche à l’industrialisation

Les travaux consacrés au phosphogypse sont déjà engagés dans les laboratoires de l’UM6P. Plusieurs recherches ont notamment donné lieu à des dépôts de brevets portant sur des procédés de valorisation, dont certains concernent la récupération du soufre.

L’enjeu de la nouvelle mission sera donc de rapprocher ces avancées technologiques des besoins industriels d’OCP. L’objectif est de sélectionner les procédés présentant un potentiel suffisant pour être développés à grande échelle, avec des coûts compatibles avec une exploitation industrielle et des partenaires technologiques adaptés.

Cette orientation accompagne plus largement le plan de développement industriel d’OCP, qui prévoit entre 2023 et 2027 d’importants investissements destinés à augmenter les capacités d’extraction et de transformation du phosphate, tout en améliorant l’efficacité opérationnelle et les infrastructures logistiques.

Avec cette mission confiée à Abdeljalil Chakir, le phosphogypse entre ainsi dans une nouvelle phase : au-delà de la question du stockage, OCP cherche désormais à structurer des filières capables de transformer ce coproduit en ressource industrielle, avec le soufre parmi les premières pistes étudiées.

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