
LGV : la BAD salue la stratégie marocaine de transfert de compétences et d’industrialisation ferroviaire
Au-delà des investissements dans les infrastructures, le Maroc mise sur le développement des compétences nationales pour accompagner l’essor de son réseau ferroviaire. Dans son rapport d’évaluation relatif au Projet d’appui au développement des infrastructures ferroviaires (PADIF), la Banque africaine de développement (BAD) met en avant la stratégie du Royaume visant à renforcer le transfert de savoir-faire et la montée en compétences des ressources humaines.
Ce rapport accompagne l’octroi d’un prêt de 205 millions d’euros destiné à soutenir la modernisation des infrastructures ferroviaires marocaines.
Un partenariat stratégique avec la SNCF
Selon la BAD, le développement de la Ligne à Grande Vitesse (LGV) s’est appuyé sur une coopération étroite avec la SNCF, partenaire clé dans plusieurs domaines stratégiques.
Cette collaboration a porté notamment sur le pilotage du projet, l’intégration technique, la préparation à l’exploitation, la maintenance ainsi que l’assistance à la maîtrise d’ouvrage.
Grâce à ce partenariat, les équipes de l’Office National des Chemins de Fer (ONCF) et les bureaux d’études marocains ont bénéficié d’un important transfert d’expertise, favorisant une montée en compétence progressive des professionnels du secteur.
Une maintenance désormais assurée par des compétences marocaines
La Banque africaine de développement souligne que cette stratégie produit déjà des résultats tangibles.
Aujourd’hui, la maintenance de la LGV est assurée à 100 % par près de 200 cheminots marocains, un effectif qui devrait atteindre 350 spécialistes lorsque le réseau fonctionnera à pleine capacité.
Concernant le matériel roulant, un partenariat industriel avec la SNCF accompagne progressivement le transfert des compétences, avec l’objectif d’une autonomie complète du Maroc à l’horizon 2035.
L’Institut de formation ferroviaire, moteur du développement des compétences
Le rapport met également en avant le rôle central de l’Institut de Formation Ferroviaire (IFF), créé en 2015 dans le cadre de la coopération entre le Maroc et la France.
L’établissement propose plus de 140 modules de formation, couvrant l’ensemble des métiers liés à l’exploitation ferroviaire, à la maintenance des infrastructures et à la gestion des équipements techniques.
Cette offre de formation vise à préparer une nouvelle génération de professionnels capables d’accompagner les futurs projets ferroviaires du Royaume.
Une industrie ferroviaire nationale en plein essor
Pour la BAD, la stratégie marocaine ne se limite pas au transfert de compétences.
Le Royaume développe également un véritable écosystème industriel grâce aux clauses de compensation industrielle intégrées dans les contrats conclus avec les fabricants internationaux de matériel ferroviaire.
Cette démarche favorise l’émergence d’une production locale destinée à répondre aux besoins de l’ONCF, mais également à alimenter les marchés africains.
Benguérir, Fès et Alstom au cœur de la stratégie industrielle
Le rapport cite plusieurs projets illustrant cette dynamique.
Le partenariat avec la République de Corée pour l’acquisition d’une centaine de trains régionaux a conduit à la création d’une usine à Benguérir, appelée à renforcer l’intégration industrielle du secteur ferroviaire marocain.
La BAD évoque également l’accord conclu entre l’ONCF et Alstom, qui confie à Alstom Maroc la maintenance des locomotives électriques de nouvelle génération Prima M4.
À Fès, une nouvelle unité industrielle permettra d’augmenter la production de faisceaux de câblage et d’armoires électriques destinés aux usines européennes du groupe.
Un milliard de dollars pour préparer la prochaine étape
Selon la Banque africaine de développement, l’ONCF prévoit d’investir près de 1 milliard de dollars entre 2025 et 2027.
Ces investissements seront consacrés au renforcement des activités de maintenance ainsi qu’à la création de nouveaux complexes industriels dédiés à la rénovation du matériel ferroviaire et à la fabrication de composants destinés aux trains à grande vitesse.
Pour la BAD, cette stratégie permettra au Maroc de consolider sa souveraineté industrielle, d’accompagner l’extension de son réseau ferroviaire et de renforcer sa position comme futur hub ferroviaire en Afrique.




















