
Le secteur mondial de la construction connaît un ralentissement progressif, avec une croissance désormais estimée à 2,3 % en 2026 contre 2,7 % auparavant, selon Fitch Solutions. Cette révision s’explique par les tensions géopolitiques et les perturbations des chaînes d’approvisionnement, notamment dans le transport maritime et l’énergie.
Les hausses des coûts de certaines matières premières industrielles, comme l’aluminium ou l’acier, ainsi que l’augmentation des prix du carburant et du fret maritime, commencent déjà à impacter les coûts des projets d’infrastructures à l’échelle internationale.
Dans ce contexte, le Maroc apparaît relativement résilient. Bien que dépendant de plusieurs intrants importés, le Royaume continue de soutenir son secteur du BTP grâce à une politique d’investissement public soutenue et à la poursuite de ses grands chantiers structurants.
Selon les prévisions du Haut-Commissariat au Plan (HCP), le secteur du BTP devrait enregistrer une croissance de 3,9 % en 2026, porté par les projets ferroviaires, portuaires, routiers et touristiques. Les préparatifs liés à la Coupe du Monde 2030 contribuent également à maintenir une forte dynamique de la demande.
La loi de finances 2026, qui prévoit près de 380 milliards de dirhams d’investissements publics, constitue un levier majeur pour soutenir cette activité, en particulier dans les infrastructures de transport, l’eau et l’aménagement urbain.
À l’échelle régionale, les perspectives sont plus modérées. La croissance du secteur de la construction dans la zone MENA devrait ralentir à 1,7 % en 2026 contre 4,2 % en 2025, sous l’effet des tensions géopolitiques et de la hausse des coûts énergétiques.
Cependant, cette résistance marocaine ne masque pas certaines fragilités structurelles, notamment la forte exposition du secteur à la facture énergétique. Les importations d’hydrocarbures, combinées à la hausse des coûts de transport et des matériaux, continuent de peser sur les entreprises du BTP.
Toute remontée prolongée des prix du pétrole pourrait ainsi affecter les marges des opérateurs, malgré la dynamique positive des investissements publics et des grands projets d’infrastructures en cours.





















