
La région Casablanca-Settat franchit une étape majeure dans son développement économique et financier en devenant la première région marocaine à recourir au marché obligataire pour financer ses projets structurants.
Cette initiative bénéficie du soutien de Banque européenne pour la reconstruction et le développement, qui a officialisé un investissement de 400 millions de dirhams destiné à accompagner la modernisation des infrastructures régionales et à promouvoir un modèle de financement territorial innovant et durable.
Une première émission obligataire régionale au Maroc
L’opération consiste en la souscription par la BERD d’une obligation senior non garantie libellée en monnaie locale, dans le cadre d’un placement privé pouvant atteindre un milliard de dirhams.
Cette émission constitue une première historique pour une collectivité territoriale marocaine et marque une avancée importante vers la diversification des modes de financement des régions.
Selon les responsables du projet, cette démarche vise à renforcer l’autonomie budgétaire des collectivités locales et à accélérer la réalisation des grands projets de développement.
La BERD veut structurer un marché obligataire territorial
En se positionnant comme investisseur de référence, la BERD ambitionne de contribuer à la création d’un véritable marché obligataire dédié aux collectivités territoriales au Maroc.
L’objectif est de permettre aux régions de mobiliser des financements alternatifs pour soutenir leurs investissements, tout en réduisant leur dépendance aux mécanismes classiques de financement public.
Un appui international pour la gouvernance et l’inclusion
Le projet bénéficie également d’un soutien financier complémentaire des Pays-Bas, à travers une subvention de deux millions d’euros accordée dans le cadre du programme HIPCA consacré à l’action climatique.
Cette enveloppe permettra de financer une assistance technique portant sur l’amélioration de la gouvernance régionale, la performance des projets ainsi que les dimensions liées au genre et à l’inclusion sociale.
Des mesures d’accompagnement sont également prévues pour renforcer les performances financières et opérationnelles de la région.
Une orientation tournée vers la transition écologique
Classé en catégorie B sur le plan environnemental et social, le projet répond aux exigences de l’Accord de Paris en matière de lutte contre le changement climatique et d’adaptation environnementale.
La mise en œuvre des différents projets sera assurée par Agence régionale d’exécution des projets, chargée de coordonner les aspects techniques et de veiller au respect des engagements environnementaux et sociaux.
Des garanties environnementales et sociales renforcées
Les responsables du programme assurent qu’aucun déplacement de population ne sera engendré par les travaux prévus.
Un plan d’action environnemental et social a toutefois été adopté afin d’encadrer les interventions sur le terrain, notamment en matière de gestion des déchets, de limitation des émissions de poussière et de protection des travailleurs.
Le dispositif prévoit également des mécanismes de prévention contre les violences et le harcèlement à caractère sexiste sur les chantiers.
Casablanca-Settat veut devenir un laboratoire de l’innovation territoriale
À travers cette opération, la région affirme son ambition de devenir un modèle national en matière de transition écologique et de gouvernance financière territoriale.
Déjà considérée comme le principal moteur économique du Royaume, avec plus de 32 % du PIB national, Casablanca-Settat entend désormais ouvrir la voie à d’autres régions marocaines souhaitant explorer des solutions de financement innovantes pour répondre aux défis économiques et climatiques futurs.





















