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Médicaments au Maroc : des décrets insuffisants pour atteindre les standards de l’OMS

Présentés comme une avancée majeure dans la réforme du secteur pharmaceutique, les trois nouveaux décrets sur les médicaments au Maroc peinent à convaincre. Derrière l’affichage réglementaire, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer une réforme incomplète, loin des standards de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Sur le papier, ces textes visent à encadrer les prix des médicaments, améliorer la transparence et moderniser les procédures d’autorisation. Mais dans les faits, ils s’apparentent davantage à des ajustements techniques qu’à une véritable refonte du système pharmaceutique marocain. Or, c’est précisément cette transformation en profondeur que recommandent les standards internationaux.

Le principal point de friction réside dans la gouvernance du secteur. L’absence d’une autorité indépendante forte, capable de réguler efficacement le marché du médicament, continue de poser problème. À cela s’ajoute un manque de transparence dans la fixation des prix, régulièrement pointé du doigt par les professionnels comme par les observateurs.

Résultat : les prix des médicaments au Maroc restent élevés pour de nombreux traitements, limitant l’accès aux soins pour une partie de la population. Une situation en contradiction avec les orientations de l’OMS, qui plaide pour un accès équitable et généralisé aux médicaments essentiels.

Autre limite majeure, le développement encore insuffisant des médicaments génériques et biosimilaires. Pourtant, ces alternatives représentent un levier clé pour réduire les coûts et améliorer l’accessibilité. Là encore, les nouveaux décrets ne semblent pas instaurer les mécanismes incitatifs nécessaires pour transformer durablement le marché.

En toile de fond, la question de la souveraineté pharmaceutique du Maroc reste entière. La dépendance aux importations, combinée à une production locale encore limitée, fragilise le système face aux crises internationales et aux tensions sur les chaînes d’approvisionnement.

Dans ce contexte, les décrets récemment adoptés apparaissent comme une réponse partielle à des enjeux structurels. Pour espérer s’aligner sur les standards de l’OMS, le Maroc devra aller au-delà de ces mesures et engager une réforme plus ambitieuse, centrée sur la transparence, la régulation indépendante et l’accès équitable aux médicaments.

Car au-delà des textes, c’est bien la crédibilité et l’efficacité du système de santé qui sont en jeu.

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