L’ancien président de la CGEM appelle à une relation exigeante entre l’État et les entreprises. Face aux mutations technologiques, aux blocages administratifs et à l’échéance de 2030, il plaide pour une mobilisation collective autour des priorités économiques du Maroc.
« Nous allons nous mobiliser à ses côtés. Nous allons aussi le boxer quand il le faut. » Au lendemain de la nomination du nouveau gouvernement, Moulay Hafid Elalamy résume ainsi sa conception des relations entre les pouvoirs publics et le secteur privé : soutenir l’action gouvernementale, tout en dénonçant les dysfonctionnements qui entravent l’activité économique.
Intervenant samedi 17 octobre au forum « Entrepreneurs en mouvement : Transformer les priorités en actions », le président fondateur de Saham Group, ancien ministre de l’Industrie et ex-président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), a insisté sur l’interdépendance entre la réussite de l’Exécutif et celle des entreprises.
Une nomination à la portée internationale
Moulay Hafid Elalamy a salué la nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri à la tête du gouvernement, soulignant les retombées potentielles de cette évolution sur l’image du Royaume. « C’est un capital immatériel important », a-t-il affirmé, évoquant l’intérêt suscité par cette nomination auprès de ses interlocuteurs lors d’un déplacement à Paris.
Au-delà de cette dimension symbolique, l’ancien ministre a alerté sur la complexité des prochaines années, marquées par les tensions internationales et les mutations économiques et technologiques.
L’intelligence artificielle, un défi stratégique
L’intelligence artificielle figure parmi ses principales préoccupations. « Avant, on renforçait l’être humain. Aujourd’hui, on remplace l’être humain. Ce n’est pas de la science-fiction », a-t-il averti.
Cette transformation impose aux entreprises et aux pouvoirs publics d’anticiper les évolutions du travail, des compétences et des modèles économiques. Pour le Maroc, l’enjeu est de préserver sa compétitivité et de préparer son tissu productif aux ruptures technologiques.
Dans cette perspective, Moulay Hafid Elalamy appelle à un Exécutif fort, soutenu par un secteur privé engagé. « C’est notre intérêt que le gouvernement réussisse », a-t-il souligné.
Dénoncer les blocages, construire des solutions
Ce soutien ne signifie pas renoncer à la critique. Revenant sur son passage à la tête de la CGEM, il a rappelé l’élaboration d’un livre blanc consacré aux difficultés rencontrées par les entreprises dans leurs relations avec l’administration.
Pour lui, le dialogue entre l’État et le patronat doit permettre d’identifier les dysfonctionnements et de leur apporter des réponses concrètes. « Ce qui ne marche pas, il faut le dénoncer dans un esprit constructif. On est là pour construire ensemble. C’est notre pays », a-t-il déclaré.
Aux nouveaux ministres, il associe ainsi une attente claire : transformer les problèmes remontés par les entreprises en solutions opérationnelles. « Notre rôle, c’est de nous retrousser les manches, de leur apporter les problèmes et les solutions », a-t-il résumé.
2030 comme horizon
Évoquant l’échéance de 2030 et les transformations observées dans plusieurs villes marocaines, notamment Casablanca, l’entrepreneur a appelé à prolonger cette dynamique de développement.
L’enjeu dépasse les déclarations de soutien : il s’agit d’améliorer l’environnement des affaires, de lever les obstacles administratifs, de stimuler l’investissement et d’adapter l’économie aux nouvelles contraintes internationales.
Sa conclusion résume cette interdépendance entre action publique et activité privée : « S’ils réussissent, on réussira. S’ils échouent, on échoue. » Un appel à faire du dialogue entre l’État et les entreprises un levier concret de transformation économique.
