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Bank of China veut renforcer son rôle dans les projets marocains

Bank of China (BOC) entend renforcer son accompagnement des projets stratégiques au Maroc, alors que les investissements chinois dans le Royaume prennent une nouvelle dimension. L’annonce intervient à l’issue d’une rencontre tenue lundi 14 septembre à Casablanca entre Ge Haijiao, président de la banque chinoise, et Nadia Fettah, ministre de l’Économie et des Finances.

La banque prévoit notamment d’accroître son soutien à la transformation industrielle, à la transition énergétique ainsi qu’au développement des relations entre les marchés de capitaux marocain et chinois.

Une présence bancaire qui accompagne l’essor industriel chinois

Aucun nouveau prêt, mandat bancaire ou investissement direct n’a toutefois été annoncé à l’issue de cette rencontre. Bank of China n’a pas non plus communiqué de calendrier précis concernant le renforcement de ses activités au Maroc.

La banque dispose depuis 2016 d’un bureau de représentation à Casablanca, ouvert la même année que l’établissement du partenariat stratégique entre le Maroc et la Chine. Cette implantation doit notamment lui permettre d’accompagner les entreprises chinoises installées au Maroc, de faciliter les investissements croisés et de soutenir les opérations liées aux marchés de capitaux.

Cette mission prend une importance croissante avec l’évolution de la présence chinoise dans le Royaume. Les entreprises chinoises ne se limitent désormais plus à fournir des équipements ou à réaliser des marchés de travaux. Plusieurs groupes ont engagé des investissements industriels destinés à produire au Maroc, avec une partie importante de leurs productions orientée vers les marchés européen et nord-américain.

Gotion High-Tech prépare une importante usine de batteries

Le secteur des batteries illustre particulièrement cette montée en puissance. À Kénitra, le fabricant chinois Gotion High-Tech a signé en juin 2024 une convention avec l’État marocain portant sur une première tranche d’investissement de 12,8 milliards de dirhams.

La première phase du projet est conçue pour atteindre une capacité annuelle de 20 GWh. La mise en service doit intervenir progressivement à partir d’octobre 2026, avec une production axée notamment sur les cellules lithium-fer-phosphate et les matériaux de cathode.

Le projet pourrait à terme être étendu jusqu’à 100 GWh de capacité annuelle. Si cette extension était entièrement réalisée, l’investissement cumulé pourrait atteindre environ 65 milliards de dirhams.

Tanger Tech attire les fabricants de matériaux pour batteries

La Cité Mohammed VI Tanger Tech accueille également plusieurs projets chinois liés à la chaîne de valeur des batteries.

BTR New Material Group y développe deux projets consacrés aux matériaux de cathode et d’anode, représentant un investissement global de 6 milliards de dirhams et plus de 1 150 emplois directs annoncés. L’entrée en production est prévue en 2026.

D’autres groupes ont choisi la même zone industrielle. Hailiang a annoncé un investissement de 450 millions de dollars, soit environ 4,16 milliards de dirhams, pour construire une usine liée au cuivre sur une superficie de 30 hectares.

De son côté, Shinzoom, filiale de Hunan Zhongke, prévoit une unité de production d’anodes représentant 460 millions de dollars, soit environ 4,26 milliards de dirhams, sur 20 hectares. Selon la société d’aménagement de Tanger Tech, ces deux projets devraient générer ensemble quelque 3 800 emplois.

COBCO renforce la chaîne de valeur des batteries à Jorf Lasfar

À Jorf Lasfar, la coentreprise COBCO, créée entre le groupe chinois CNGR Advanced Material et le groupe marocain Al Mada, porte un programme industriel de 20 milliards de dirhams.

Le projet s’étend sur plus de 238 hectares. Les premières lignes de production de précurseurs nickel-manganèse-cobalt ont commencé à fonctionner en 2025.

Le programme prévoit à terme une capacité annuelle de 120 000 tonnes de précurseurs NMC, 60 000 tonnes de matériaux de cathode lithium-fer-phosphate et 30 000 tonnes de traitement de masse noire provenant du recyclage des batteries.

Une grande partie de cette production est destinée aux marchés européen et nord-américain. COBCO a notamment conclu un accord d’approvisionnement à long terme avec le groupe belge Umicore.

L’automobile chinoise déjà implantée à Kénitra

La présence industrielle chinoise dans l’automobile au Maroc ne date toutefois pas de la récente vague d’investissements dans les batteries.

À Kénitra, Citic Dicastal exploite trois unités spécialisées dans la fabrication de jantes et de pièces automobiles en aluminium. Les deux premières ont représenté un investissement de 350 millions d’euros, soit environ 3,79 milliards de dirhams, pour une capacité de six millions de jantes par an.

La troisième unité a nécessité près de 180 millions d’euros, soit environ 1,95 milliard de dirhams. Elle dispose d’une capacité annuelle de cinq millions de pièces moulées, dont environ 90 % sont destinées à l’exportation, principalement vers l’Europe et les États-Unis.

Aeolon et Sunrise renforcent la diversification

La présence chinoise s’étend également à d’autres secteurs industriels. À Nador, le fabricant de pales d’éoliennes Aeolon a inauguré en mai 2025 sa première usine en dehors de la Chine. Le projet représente un investissement annoncé de 220 millions d’euros, soit environ 2,38 milliards de dirhams, et les autorités marocaines lui associent la création de 3 300 emplois.

Dans le textile, le groupe chinois Sunrise a signé en mars 2025 une convention portant sur la réalisation de deux unités intégrées à Skhirat et Fès. L’investissement annoncé s’élève à 2,3 milliards de dirhams, pour 7 000 emplois directs et plus de 1 500 emplois indirects. Selon le calendrier communiqué par le ministère chargé de l’Investissement, les unités doivent entrer en production en 2026.

Les entreprises chinoises présentes aussi dans les infrastructures

L’influence des groupes chinois au Maroc dépasse par ailleurs le seul périmètre des investissements industriels. Plusieurs entreprises participent à des marchés d’infrastructures, sans que ces contrats puissent nécessairement être assimilés à des investissements directs chinois.

China Railway Material Group Hong Kong & Macao, filiale de China Railway Construction Corporation, a notamment organisé avec Ansteel l’expédition d’un premier lot de 12 999 tonnes de rails à grande vitesse destiné à la ligne ferroviaire Kénitra-Marrakech.

Dans le secteur énergétique, PowerChina a participé à la réalisation des centrales solaires Noor II et Noor III.

En 2026, China CEC Engineering préparait également la réception d’un projet de production de sulfate de cobalt de qualité batterie, d’une capacité de 5 850 tonnes par an à Marrakech, ainsi que d’un projet de dessalement à Nador réalisés pour le groupe minier Managem.

L’ensemble de ces projets témoigne de la diversification progressive de la présence économique chinoise au Maroc. Pour Bank of China, cette évolution ouvre également de nouvelles perspectives d’accompagnement financier des entreprises, des investissements industriels et des échanges entre les marchés de capitaux des deux pays.

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