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Agriculture : le Maroc gagne du terrain sur le marché canadien

Les produits agricoles marocains commencent à profiter de la diversification des approvisionnements recherchée par certains distributeurs canadiens. Face aux tensions commerciales avec les États-Unis, plusieurs enseignes cherchent de nouvelles origines pour leurs fruits et légumes, faisant notamment appel au Maroc, à l’Espagne, à l’Afrique du Sud, au Brésil et au Honduras.

Cette évolution intervient alors que les échanges commerciaux entre le Maroc et le Canada poursuivent leur progression. Selon les données de Statistique Canada, les ventes marocaines de marchandises au Canada ont atteint 1,241 milliard de dollars canadiens en 2025, soit une hausse de 23,8% sur un an.

Les exportations marocaines progressent fortement

La dynamique commerciale entre les deux pays ne concerne pas uniquement les produits alimentaires. En 2025, les exportations canadiennes vers le Maroc se sont élevées à 901 millions de dollars canadiens, en progression de 10,5%.

Au total, les échanges de marchandises entre les deux partenaires ont ainsi atteint environ 2,14 milliards de dollars canadiens, contre 1,82 milliard en 2024. Ces chiffres traduisent une progression des relations commerciales bilatérales avant même que la diversification récente des approvisionnements alimentaires canadiens ne gagne en visibilité.

La hausse de 23,8% des ventes marocaines concerne toutefois l’ensemble des marchandises. Les statistiques disponibles ne permettent donc pas, à elles seules, de mesurer précisément la contribution des fruits, légumes et autres produits agricoles à cette progression.

Le Maroc parmi les nouvelles origines recherchées

Le marché alimentaire canadien offre néanmoins de nouvelles possibilités aux fournisseurs étrangers. Le Canada figure parmi les principaux importateurs mondiaux de légumes frais en valeur et dépend des approvisionnements internationaux pendant une partie de l’année, notamment lorsque les conditions climatiques limitent la production nationale.

Dans ce contexte, la part des États-Unis dans les importations canadiennes de légumes est passée à 62,6% en juillet, contre 69% au même mois de 2023. Les produits américains restent également majoritaires dans les importations canadiennes de fruits, avec plus de la moitié des achats provenant encore des États-Unis.

Des distributeurs canadiens cherchent donc à diversifier leurs fournisseurs. Le Maroc apparaît désormais parmi les origines utilisées pour remplacer une partie des produits américains, aux côtés notamment de l’Espagne, de l’Afrique du Sud, du Brésil et du Honduras.

Les tensions commerciales accélèrent la diversification

Le changement dans les habitudes d’approvisionnement s’inscrit dans un contexte de tensions commerciales entre Ottawa et Washington. L’origine des produits prend davantage d’importance dans les choix d’une partie des distributeurs et des consommateurs canadiens.

Certaines enseignes affirment ainsi augmenter la présence de produits canadiens dans leurs rayons. Vince’s Market, qui exploite quatre magasins dans la région de Toronto, indique notamment avoir porté à environ 90% la part des produits canadiens dans ses rayons de fruits et légumes.

D’autres distributeurs déclarent, de leur côté, renforcer leurs achats auprès de fournisseurs situés en dehors des États-Unis, ouvrant davantage d’espace aux producteurs et exportateurs étrangers.

Les États-Unis conservent toutefois un avantage logistique

Malgré cette diversification, les fournisseurs américains disposent d’un avantage difficile à reproduire. La proximité géographique permet de réduire les coûts de transport et les délais d’acheminement, un facteur particulièrement important pour les produits frais.

Pour les exportateurs marocains, l’accès au marché canadien représente donc davantage l’ouverture de nouveaux créneaux qu’un remplacement à grande échelle des produits américains. La compétitivité dépendra notamment des prix proposés, de la régularité des approvisionnements et de la capacité à respecter les exigences sanitaires et commerciales canadiennes.

Le coût du transport maritime et la distance entre les deux marchés constituent également des paramètres déterminants pour les produits agricoles à faible durée de conservation.

Le Canada veut réduire sa dépendance saisonnière

Ottawa cherche parallèlement à renforcer la production agricole nationale afin de limiter sa dépendance aux importations pendant les périodes où les conditions climatiques réduisent l’offre locale.

Le gouvernement fédéral a prévu environ 3 milliards de dollars canadiens sur dix ans pour développer les capacités de production sous serre et l’agriculture verticale. L’objectif est notamment d’augmenter l’offre produite au Canada tout au long de l’année et de contribuer à contenir les prix alimentaires.

Pour le Maroc, cette stratégie signifie que les opportunités sur le marché canadien pourraient être particulièrement liées aux périodes où l’offre locale demeure insuffisante.

Des opportunités à consolider pour les exportateurs marocains

La progression des échanges commerciaux entre les deux pays et la recherche de nouvelles sources d’approvisionnement créent un contexte favorable à l’élargissement de la présence marocaine au Canada.

Cependant, les données globales de Statistique Canada ne permettent pas encore de conclure à une hausse précise des exportations marocaines de tomates, d’agrumes, de légumes ou de fruits transformés. Une analyse détaillée des statistiques douanières par produit serait nécessaire pour mesurer l’évolution exacte de ces différentes catégories.

Pour les producteurs et exportateurs marocains, la consolidation de ces débouchés reposera donc sur plusieurs facteurs : compétitivité des prix, qualité, conformité aux normes sanitaires, régularité des livraisons et maîtrise des coûts logistiques. Le marché canadien offre ainsi de nouveaux espaces commerciaux, mais leur développement dépendra de la capacité des opérateurs marocains à répondre durablement aux exigences des distributeurs nord-américains.

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