
Boycott de Centrale Danone au Maroc : le spectre de 2018 ressurgit à l’heure des tensions sur le pouvoir d’achat
Huit ans après la campagne de boycott qui avait profondément marqué le paysage économique marocain, Centrale Danone se retrouve à nouveau au cœur d’une vive polémique. Les récentes hausses des prix du lait et de ses dérivés ont ravivé les appels au boycott sur les réseaux sociaux, dans un contexte de forte pression sur le pouvoir d’achat des ménages.
En 2018, une mobilisation citoyenne inédite avait entraîné une chute significative des ventes de Centrale Danone. Face à l’ampleur du mouvement, la direction du groupe avait été contrainte d’engager un dialogue avec les consommateurs marocains et de revoir sa stratégie tarifaire.
Aujourd’hui, le scénario semble se répéter. Sur les plateformes numériques, les appels à la mobilisation se multiplient, alimentés par un sentiment de lassitude face à la succession des augmentations des prix qui touchent les produits de première nécessité. Pour de nombreux consommateurs, le lait, produit essentiel du quotidien, symbolise désormais les difficultés croissantes liées à la baisse du pouvoir d’achat.
Cette situation intervient alors que la question du coût de la vie occupe une place centrale dans le débat politique. Au Parlement, les formations de l’opposition interpellent régulièrement le gouvernement sur l’efficacité des mesures destinées à protéger les consommateurs, à lutter contre la spéculation et à limiter les effets de l’inflation sur les ménages.
À quelques semaines des élections législatives prévues le 23 septembre, cette nouvelle controverse pourrait également avoir des répercussions politiques. Plusieurs observateurs estiment que le mécontentement social suscité par la hausse des prix pourrait influencer le climat électoral et renforcer l’abstention, dans un contexte déjà marqué par les préoccupations liées au coût de la vie et aux difficultés rencontrées par les familles marocaines.
Reste à savoir si cette mobilisation numérique aura un impact comparable à celle de 2018. L’issue dépendra autant de l’ampleur de l’adhésion des consommateurs que de la capacité des différents acteurs à apporter des réponses aux inquiétudes exprimées sur le pouvoir d’achat.





















