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Réutilisation des eaux usées : le Maroc accélère ses investissements avec plus de 3 milliards de dirhams

Face à l’intensification du stress hydrique, le Maroc renforce sa stratégie de réutilisation des eaux usées traitées à travers un vaste programme d’investissements dépassant les 3 milliards de dirhams.

Cette orientation s’inscrit dans la politique nationale de sécurisation des ressources hydriques, alors que le Royaume cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement en eau et à réduire la pression sur les barrages et les nappes phréatiques.

Une stratégie devenue prioritaire

La réutilisation des eaux usées épurées devient progressivement un pilier majeur du mix hydrique marocain, aux côtés du dessalement de l’eau de mer, des barrages et des interconnexions hydrauliques.

Le Royaume ambitionne d’atteindre 100 millions de mètres cubes d’eaux usées réutilisées par an à l’horizon 2027, contre un peu plus de 50 millions de mètres cubes actuellement.

Cette eau traitée est principalement destinée à l’arrosage des espaces verts, des terrains de golf, aux usages industriels et, progressivement, à certaines activités agricoles.

Plus de 3 milliards de dirhams mobilisés

Selon les données du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation (PNAEPI), une enveloppe de plus de 3 milliards de dirhams est spécifiquement consacrée au développement de la réutilisation des eaux usées traitées.

À cela s’ajoutent plusieurs investissements complémentaires réalisés par des acteurs publics et industriels, notamment dans les secteurs de l’assainissement et de l’industrie.

Entre 2019 et 2024, les investissements globaux engagés dans ce domaine ont atteint près de 6 milliards de dirhams, incluant des projets menés par des groupes industriels et des collectivités territoriales.

Une montée en puissance des infrastructures

Le Maroc développe progressivement des stations de traitement et des réseaux de réutilisation dans plusieurs villes du Royaume.

Des projets sont déjà opérationnels ou en cours dans des villes comme Casablanca, Rabat, Marrakech, Agadir, Tanger, Tétouan ou El Jadida. D’autres programmes sont prévus à Fès, Meknès, Kénitra, Oujda, Nador, Dakhla ou encore Essaouira.

Cette montée en puissance vise à limiter l’utilisation d’eau potable pour des usages secondaires et à préserver les ressources conventionnelles.

Une réponse au stress hydrique structurel

La stratégie marocaine intervient dans un contexte de raréfaction des ressources en eau, marqué par plusieurs années de sécheresse et une baisse structurelle des précipitations.

Les autorités misent désormais sur une approche intégrée combinant dessalement, réutilisation des eaux usées, gestion des nappes, barrages et optimisation des réseaux de distribution.

Des défis techniques et environnementaux

Malgré les avancées, le développement de la réutilisation des eaux usées reste confronté à plusieurs défis, notamment le coût des infrastructures, la qualité du traitement, l’acceptabilité sociale et l’extension des réseaux d’assainissement, en particulier dans les zones rurales.

Les experts soulignent également l’importance d’encadrer ces projets dans une stratégie globale de sobriété hydrique et de gestion durable des ressources.

Une transformation durable du modèle hydrique marocain

À travers ces investissements massifs, le Maroc poursuit la transformation de son modèle de gestion de l’eau afin de renforcer sa résilience face aux changements climatiques.

La réutilisation des eaux usées apparaît désormais comme un levier stratégique pour sécuriser durablement l’approvisionnement en eau et accompagner les besoins croissants de l’agriculture, de l’industrie et des villes.

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