L’armateur danois Maersk renforce sa desserte du port de Casablanca en augmentant de 48 % les capacités de transport proposées sur cette ligne maritime. Annoncée le 22 octobre, cette décision intervient à l’occasion du centenaire de la première escale d’un navire du groupe dans la métropole marocaine. Elle confirme l’importance du marché marocain dans la stratégie logistique du géant du transport maritime, qui cherche à répondre aux besoins des importateurs et des exportateurs tout en diversifiant ses solutions d’acheminement dans le Royaume.
Maersk renforce sa desserte maritime de Casablanca
La nouvelle a été annoncée par Ruben Moratinos Collantes, directeur commercial de Maersk pour le Maghreb, à l’issue d’une rencontre avec les clients et les partenaires de l’armateur. Selon le responsable, la compagnie propose désormais une liaison avec le port de Casablanca dotée de 48 % de capacités supplémentaires.
Cette augmentation concerne l’espace de transport maritime mis à la disposition des opérateurs économiques sur cette ligne. Elle ne signifie donc pas une hausse équivalente de la capacité physique du port, laquelle dépend notamment des quais et des équipements de manutention. Les volumes réellement transportés évolueront en fonction des réservations, du taux de remplissage des navires et de la demande des chargeurs.
À travers ce renforcement, Maersk entend consolider son offre à destination de l’un des principaux pôles commerciaux et industriels du Maroc, dans un contexte marqué par la progression des échanges et les besoins croissants en solutions logistiques performantes.
Le port de Casablanca concentre près de 35 % du trafic national
Le port de Casablanca occupe une place stratégique dans les échanges extérieurs du Royaume. Selon les données de l’Agence nationale des ports (ANP) reprises par Maersk en août 2026, l’infrastructure a traité 17 millions de tonnes de marchandises au cours du premier semestre de l’année.
Le mois de juin a, à lui seul, enregistré un trafic de 3,53 millions de tonnes, en hausse de 32 % sur un an. L’armateur estime par ailleurs que Casablanca représente environ 35 % de l’activité portuaire nationale, ce qui confirme son poids dans l’approvisionnement du marché marocain et dans les opérations d’import-export.
Cette importance s’accompagne toutefois de contraintes opérationnelles. Maersk avait notamment relevé des épisodes fréquents de congestion et une flexibilité limitée au port de Casablanca. Ces difficultés constituent un enjeu pour les entreprises qui cherchent à maîtriser leurs délais de livraison et à optimiser leurs chaînes d’approvisionnement.
Tanger Med, un levier pour fluidifier les flux de marchandises
Pour contourner certaines de ces contraintes, Maersk a renforcé le rôle de Tanger Med dans son dispositif logistique marocain. Le groupe a présenté, le 14 août 2026, une liaison ferroviaire à haute fréquence entre Tanger et Casablanca, déjà opérationnelle, destinée à acheminer vers la capitale économique les conteneurs débarqués à Tanger Med.
Cette solution multimodale combine le transport maritime jusqu’au port du nord du Royaume, le fret ferroviaire vers Casablanca, des options de dédouanement, l’entreposage et la livraison finale par camion. L’objectif est de faciliter l’acheminement des marchandises vers le principal centre commercial du pays, tout en offrant aux chargeurs davantage de souplesse dans l’organisation de leurs opérations.
La liaison ferroviaire entre Tanger et Casablanca et le renforcement de la desserte maritime directe de Casablanca constituent néanmoins deux offres distinctes dans le catalogue de Maersk. Elles répondent à des besoins différents et s’inscrivent dans une même logique de diversification des itinéraires logistiques.
Maersk reconfigure également ses lignes vers l’Afrique de l’Ouest
Le renforcement de la desserte de Casablanca intervient alors que le groupe poursuit la réorganisation de son réseau maritime régional. Le 19 octobre, Maersk a annoncé une refonte de ses services entre la Méditerranée occidentale et l’Afrique de l’Ouest, dont l’entrée en vigueur est prévue à partir de la troisième semaine de décembre 2026.
Le nouveau service WAF1 doit relier Algésiras, en Espagne, Tanger et Dakar, au Sénégal. De son côté, la ligne WAF5 desservira notamment Monrovia, Abidjan, Takoradi au Ghana, San-Pedro en Côte d’Ivoire et Lagos, avec une extension du réseau à Algésiras et Tanger.
Cette réorganisation vise à adapter les liaisons maritimes aux besoins des échanges entre l’Europe, le Maroc et les marchés ouest-africains. La position géographique du Royaume et ses infrastructures portuaires en font un point d’appui important pour les flux de marchandises entre ces différentes régions.
Morocco Bridge complète le dispositif logistique du groupe
Maersk exploite également, depuis février 2024, Morocco Bridge, une solution multimodale qui associe le transport ferroviaire et routier au Maroc à une navette roulière circulant deux fois par jour entre Tanger et Algésiras.
Lors du lancement de ce dispositif, Emilio de la Cruz, directeur général de Maersk pour l’Europe du Sud-Ouest, avait mis en avant la croissance à deux chiffres du nombre de camions se dirigeant vers l’Espagne et la France.
Avec l’augmentation de 48 % des capacités proposées sur sa ligne vers Casablanca, le développement des solutions ferroviaires et la réorganisation de ses services vers l’Afrique de l’Ouest, Maersk poursuit ainsi le renforcement de son réseau logistique au Maroc. L’évolution de la demande et les conditions d’exploitation des infrastructures détermineront dans quelle mesure ces capacités supplémentaires se traduiront par une progression des volumes effectivement transportés.
