Le Maroc s’est hissé au quatrième rang des fournisseurs d’engrais de la Zambie au deuxième trimestre 2026, avec des exportations évaluées à 13,24 millions de dollars, soit environ 129,94 millions de dirhams. Selon les données publiées jeudi 22 octobre par la Banque centrale de Zambie, les livraisons marocaines ont progressé de 8,4 % sur un an, permettant au Royaume de devancer notamment la Russie sur ce marché africain.
Les engrais marocains progressent de 8,4 %
Les achats zambiens d’engrais marocains ont atteint 13,24 millions de dollars au deuxième trimestre 2026, contre 12,21 millions de dollars à la même période de 2025. Cette évolution représente une hausse de 1,03 million de dollars, soit environ 10,11 millions de dirhams.
Avec une part estimée à 7,1 % des importations zambiennes d’engrais sur la période, le Maroc a consolidé sa présence parmi les principaux fournisseurs du pays. Il a devancé la Russie, dont les livraisons se sont élevées à 12,71 millions de dollars, et s’est rapproché de la Chine, troisième du classement avec 15,28 millions de dollars.
L’Afrique du Sud a largement dominé le marché avec 69,14 millions de dollars d’engrais livrés, devant le Nigeria, qui a enregistré 43,25 millions de dollars. La Chine complète le podium, tandis que le Maroc occupe la quatrième place.
L’Afrique du Sud concentre plus de 37 % du marché
Les importations zambiennes d’engrais ont totalisé 186,3 millions de dollars au deuxième trimestre 2026, soit près de 1,83 milliard de dirhams. L’Afrique du Sud a représenté 37,1 % de ces achats, suivie du Nigeria avec 23,2 %, de la Chine avec 8,2 %, du Maroc avec 7,1 % et de la Russie avec 6,8 %.
À eux cinq, ces fournisseurs ont concentré 153,62 millions de dollars, soit 82,5 % des importations zambiennes d’engrais. Les autres pays fournisseurs se sont partagé les 32,68 millions de dollars restants.
Ces chiffres proviennent du rapport trimestriel de la Banque de Zambie consacré à l’orientation des échanges commerciaux. Les statistiques sont établies selon la nomenclature du système harmonisé, avec une valorisation des importations en CAF, c’est-à-dire coût, assurance et fret compris.
La demande zambienne reste portée par l’agriculture
La place occupée par le Maroc s’inscrit dans un contexte de demande structurelle en engrais en Zambie, où l’agriculture dépend notamment des cultures de maïs. Les importations se concentrent traditionnellement au quatrième trimestre, à l’approche de la saison des semis.
Selon des statistiques douanières compilées en 2023 par le groupe de travail technique zambien sur les engrais, la demande nationale se situe généralement entre 600 000 et 700 000 tonnes lors d’une année ordinaire.
Les données de Trade Map, la base statistique du Centre du commerce international, montrent également une progression des importations d’engrais azotés. Celles-ci ont atteint 681 000 tonnes en 2025, contre 433 000 tonnes en 2021, pour une facture de 436 millions de dollars, soit environ 4,28 milliards de dirhams.
L’urée a constitué le principal produit importé, avec 367 000 tonnes pour une valeur de 226 millions de dollars. Le nitrate d’ammonium a représenté 171 000 tonnes, correspondant à 125 millions de dollars.
Lusaka accélère le développement de la production locale
Parallèlement à ses achats à l’étranger, la Zambie cherche à renforcer ses capacités industrielles afin de répondre à la demande agricole nationale. Le président Hakainde Hichilema a posé, mardi 20 octobre, la première pierre de l’extension du complexe de United Capital Fertilizer Zambia (UCF), situé à Chilanga, dans la province de Lusaka.
Porté par cette filiale du groupe chinois Wonderful, le projet représente un investissement annoncé de 1,6 milliard de dollars, soit près de 15,7 milliards de dirhams.
Selon l’entreprise, l’extension doit permettre d’ajouter des capacités annuelles de production de 540 000 tonnes d’ammoniac, 520 000 tonnes d’urée, 400 000 tonnes de nitrate d’ammonium et 50 000 tonnes de dioxyde de carbone de qualité alimentaire. Aucune date de mise en service n’a toutefois été annoncée.
UCF exploite déjà sur le même site une unité de production d’engrais composés ainsi qu’une usine d’urée entrée en activité en octobre 2025. Le gouvernement zambien estime que l’extension pourrait générer quelque 10 000 emplois directs.
Le président Hichilema a présenté cet investissement comme une contribution à l’objectif national de production de dix millions de tonnes de maïs par an.
Un marché à suivre pour les exportateurs marocains
La progression des livraisons marocaines confirme la présence du Royaume parmi les fournisseurs importants d’un marché agricole africain marqué par des besoins élevés en fertilisants. Avec 13,24 millions de dollars de ventes au deuxième trimestre 2026, le Maroc devance la Russie et se rapproche de la Chine, dans un classement dominé par l’Afrique du Sud et le Nigeria.
La montée en puissance annoncée des capacités industrielles zambiennes pourrait toutefois modifier progressivement la structure des approvisionnements. Pour les exportateurs marocains, l’évolution de la production locale, le calendrier agricole et le niveau de la demande en engrais azotés seront donc des facteurs déterminants pour apprécier les perspectives du marché zambien.
