Le Maroc s’est hissé au premier rang des clients français de céréales situés hors de l’Union européenne, après une progression de 82 % de ses achats au cours de la campagne commerciale allant de juillet 2025 à juin 2026. Selon les données publiées vendredi 23 octobre par FranceAgriMer, les exportations françaises de céréales vers le royaume ont atteint 754 millions d’euros, soit environ 8,15 milliards de dirhams.
Cette hausse de 339 millions d’euros par rapport à la campagne précédente, durant laquelle les achats marocains s’étaient établis à 415 millions d’euros, a permis au Maroc de dépasser le Royaume-Uni. Les importations britanniques de céréales françaises ont, de leur côté, reculé de 6 %, à 395 millions d’euros.
L’écart entre les deux marchés atteint désormais 359 millions d’euros, illustrant la place grandissante du Maroc parmi les débouchés internationaux de la filière céréalière française.
Le Maroc se hisse au quatrième rang mondial
La progression des achats marocains s’est également traduite par une remontée dans le classement mondial des clients de la France. Le royaume est passé de la sixième à la quatrième position, derrière la Belgique, les Pays-Bas et l’Espagne.
Les exportations françaises de céréales ont atteint 1,289 milliard d’euros vers la Belgique, malgré un recul de 9 %, et 983 millions d’euros vers les Pays-Bas, en hausse de 2 %. L’Espagne a enregistré des achats de 876 millions d’euros, soit une progression de 9 %, tandis que l’Allemagne a atteint 516 millions d’euros, en hausse de 8 %.
D’autres marchés ont également affiché une évolution positive. Les ventes françaises de céréales vers l’Italie ont progressé de 15 %, à 467 millions d’euros, tandis que celles destinées à la Chine ont augmenté de 63 %, à 265 millions d’euros.
Hors Union européenne, plusieurs destinations ont enregistré des hausses particulièrement importantes en pourcentage, notamment l’Arabie saoudite, avec 195 millions d’euros, en progression de 279 %, et l’Égypte, avec 160 millions d’euros, en hausse de 271 %. Ces montants restent néanmoins nettement inférieurs à ceux enregistrés au Maroc.
Le royaume absorbe 21,7 % des ventes hors Union européenne
Le poids du Maroc dans les débouchés extérieurs de la filière française s’est renforcé au cours de la dernière campagne. Le royaume a représenté 21,7 % des exportations françaises de céréales destinées aux pays situés hors de l’Union européenne, contre 16,8 % un an auparavant.
Sa part dans l’ensemble des exportations françaises de céréales vers l’étranger a, quant à elle, atteint 9,3 %, selon les calculs réalisés à partir des statistiques de FranceAgriMer.
À l’échelle globale, la France a exporté pour 8,101 milliards d’euros de céréales durant la campagne 2025-2026, soit une augmentation de 15 % sur un an. Les ventes vers les pays de l’Union européenne ont représenté 4,634 milliards d’euros, contre 3,467 milliards pour les marchés situés en dehors de l’Union.
L’excédent commercial français de la filière céréalière a atteint 6,417 milliards d’euros, en hausse de 22 %. Les exportations de blé ont totalisé 3,082 milliards d’euros, en progression de 41 %, tandis que celles de maïs se sont établies à 1,182 milliard d’euros, en hausse de 2 %. Ces montants concernent l’ensemble des destinations étrangères et non les seules livraisons au Maroc.
La concurrence allemande reste à surveiller
FranceAgriMer identifie également l’Allemagne comme le principal concurrent européen de la France sur le marché marocain des céréales. Les données publiées ne précisent toutefois ni la valeur des expéditions allemandes vers le royaume ni la répartition des importations marocaines selon les pays d’origine.
La progression des exportations françaises ne suffit donc pas, à elle seule, à mesurer l’évolution de la part de marché de la France au Maroc. Une telle analyse nécessiterait de disposer des données sur les importations marocaines totales, les volumes achetés auprès de chaque fournisseur et les différentes catégories de céréales concernées.
Par ailleurs, le bond de 82 % enregistré par les ventes françaises correspond à leur valeur financière. En l’absence de données détaillées sur les quantités effectivement livrées et les prix moyens, il n’est pas possible d’en déduire précisément l’évolution des volumes importés par le Maroc.
Les ventes agricoles françaises au Maroc atteignent 1,288 milliard d’euros
Au-delà des céréales, les exportations françaises de produits agricoles et alimentaires, de bois et de ses dérivés ainsi que de biodiesel vers le Maroc ont atteint 1,288 milliard d’euros, soit environ 13,93 milliards de dirhams, entre juillet 2025 et juin 2026.
Ce montant, contre 974 millions d’euros lors de la campagne précédente, représente une progression de 314 millions d’euros, soit 32,2 %. Les céréales constituent désormais 58,5 % de cet ensemble, confirmant leur poids dans les échanges agricoles entre les deux pays.
Le Maroc a également concentré 66 % des exportations françaises de ces catégories vers l’Afrique du Nord, contre environ 57 % un an auparavant. Les ventes françaises à destination de cette région ont atteint 1,948 milliard d’euros, dont 1,288 milliard pour le royaume, 275 millions pour la Tunisie et 205 millions pour l’Algérie.
Le marché marocain représente ainsi près des deux tiers des débouchés nord-africains de la France dans les catégories de produits retenues par FranceAgriMer.
Des évolutions contrastées dans les autres filières
Les autres secteurs agricoles et alimentaires affichent des résultats plus contrastés. Les exportations françaises d’autres produits agricoles et alimentaires vers le Maroc ont atteint 136 millions d’euros, en hausse de 2 %. Les ventes de lait et de produits laitiers ont progressé de 23 %, à 93 millions d’euros, tandis que celles de bois et de ses dérivés ont augmenté de 9 %, à 85 millions d’euros.
À l’inverse, les exportations d’animaux vivants et de matériel génétique animal ont reculé de 49 %, à 39 millions d’euros. Les ventes d’oléagineux ont diminué de 45 %, à 29 millions d’euros. Les exportations de fruits et légumes ont, pour leur part, progressé de 21 %, à 22 millions d’euros.
Les machines et équipements destinés à l’agriculture et aux industries alimentaires ont également enregistré une hausse de 32 %, atteignant 156 millions d’euros. Cette catégorie fait toutefois l’objet d’un décompte distinct et n’est pas incluse dans le total de 1,288 milliard d’euros consacré aux produits agricoles et alimentaires, au bois et au biodiesel.
Une hausse en valeur qui ne renseigne pas sur les volumes
Les chiffres publiés par FranceAgriMer confirment le renforcement du marché marocain dans les exportations françaises de céréales et de plusieurs catégories de produits agricoles. Ils mettent aussi en évidence la progression du royaume dans le classement des clients de la France, tant à l’échelle mondiale qu’en dehors de l’Union européenne.
Toutefois, le bilan ne détaille pas les quantités de céréales effectivement livrées au Maroc, leur répartition entre blé, orge, maïs et autres produits, ni les prix moyens pratiqués. Il ne fournit pas non plus de précisions sur les entreprises importatrices, les contrats commerciaux, les ports de déchargement ou les calendriers d’expédition.
La hausse de 82 % doit donc être interprétée comme une progression de la valeur des exportations françaises vers le Maroc. L’évolution réelle des volumes et la répartition des approvisionnements entre les différents pays fournisseurs nécessitent des données complémentaires.
