
Le secteur de la pêche maritime au Maroc entre dans une nouvelle phase de transformation digitale. Les autorités misent désormais sur des outils technologiques avancés pour améliorer le suivi des activités halieutiques, renforcer la transparence des opérations et répondre aux exigences croissantes des marchés internationaux, en particulier européens.
Porté par le secrétariat d’État chargé de la Pêche maritime, ce projet de modernisation prévoit la création d’un écosystème numérique capable de centraliser l’ensemble des données liées à la filière. L’ambition affichée est de disposer d’un système intelligent assurant à la fois la traçabilité des produits de la mer, le contrôle des navires et la gestion des flux d’informations entre les différents intervenants du secteur.
Une réforme digitale au service de la pêche durable
Cette initiative s’inscrit dans la continuité des réformes engagées dans le cadre de la stratégie «Halieutis», qui vise à améliorer la compétitivité du secteur tout en garantissant la préservation des ressources marines.
Le futur dispositif permettra notamment de suivre le parcours des captures depuis leur prélèvement en mer jusqu’à leur commercialisation ou leur exportation. Les autorités souhaitent ainsi renforcer la fiabilité des données, réduire les risques de fraude et améliorer les mécanismes de contrôle.
La digitalisation concernera plusieurs segments stratégiques : licences de pêche, déclarations de captures, autorisations de transbordement, certificats sanitaires, quotas et suivi des débarquements.
Le marché européen au cœur des enjeux
L’évolution des réglementations internationales pousse le Maroc à accélérer cette mutation numérique. L’Union européenne, principal débouché des exportations halieutiques marocaines, impose désormais des normes plus strictes en matière de certification et de traçabilité des produits de la pêche.
Les exportateurs devront fournir des données plus détaillées sur l’origine des captures, les zones de pêche et les opérations logistiques associées. Dans ce contexte, les systèmes électroniques deviennent indispensables pour garantir la conformité des produits marocains aux standards internationaux.
Le Royaume cherche ainsi à consolider sa position sur les marchés extérieurs tout en renforçant la crédibilité de sa filière halieutique.
Surveillance en temps réel des navires de pêche
Le projet prévoit également le déploiement d’outils de surveillance maritime basés sur le suivi satellitaire et la transmission instantanée des données des navires. Cette technologie permettra aux autorités de disposer d’une visibilité en temps réel sur les mouvements de la flotte nationale.
Les services de contrôle pourront ainsi détecter plus rapidement les activités suspectes et renforcer la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, qui représente un défi majeur pour la durabilité des ressources marines.
Le Maroc compte actuellement plusieurs milliers de navires et d’embarcations artisanales opérant sur ses façades maritimes, ce qui rend indispensable l’adoption de solutions numériques de grande échelle.
Vers une gouvernance connectée du secteur halieutique
Au-delà du contrôle, les autorités veulent construire une gouvernance plus intégrée et interconnectée. Le futur système devra communiquer avec plusieurs institutions nationales, notamment les Douanes, l’ONSSA, l’Office national des pêches et les organismes de recherche spécialisés.
Cette transformation numérique devrait également améliorer la fluidité des procédures administratives et renforcer la capacité du Maroc à exploiter les données stratégiques liées au secteur halieutique.
Avec ce chantier, le Royaume confirme sa volonté de moderniser durablement la pêche maritime et d’adapter son modèle aux nouveaux standards internationaux de compétitivité et de durabilité.




















