
Gazoduc Nigeria-Maroc : le Maroc intensifie sa promotion énergétique et minière à Washington
Le Maroc met en avant le Gazoduc Africain Atlantique auprès des décideurs américains
Le Maroc multiplie les démarches diplomatiques et économiques autour du projet du Gazoduc Africain Atlantique Nigeria-Maroc (AAGP). En déplacement cette semaine à Washington, une délégation conduite par Amina Benkhadra, directrice générale de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), a tenu plusieurs réunions stratégiques avec des responsables américains, des institutions internationales et des think tanks influents afin de promouvoir ce mégaprojet énergétique ainsi que le potentiel du Royaume dans les minerais stratégiques.
Les échanges ont impliqué plusieurs institutions de premier plan, notamment le Département américain de l’Énergie, le Département d’État, le National Security Council de la Maison Blanche, la Banque mondiale, la U.S. International Development Finance Corporation, ainsi que des centres d’analyse comme le CSIS, le Stimson Center et l’Atlantic Council.
Un projet énergétique stratégique pour l’Afrique et l’Europe
Au cœur des discussions figurait le Gazoduc Africain Atlantique, considéré comme l’un des projets énergétiques les plus ambitieux du continent africain. Porté par la vision du Roi Mohammed VI et du président nigérian, ce corridor énergétique vise à connecter les ressources gazières de l’Afrique de l’Ouest au Maroc puis à l’Europe, tout en renforçant l’intégration économique régionale et la sécurité énergétique internationale.
L’ONHYM a présenté l’état d’avancement du projet, marqué par la finalisation des études de faisabilité et des études techniques FEED (Front End Engineering Design). Les responsables marocains ont également mis en avant l’adoption des termes de l’accord intergouvernemental encadrant la gouvernance du gazoduc entre les États membres de la CEDEAO, étape clé avant la signature officielle par les chefs d’État des pays concernés.
Les discussions ont aussi porté sur la création prochaine de la société de projet chargée de la structuration financière, du développement opérationnel et de la coordination globale du chantier, en préparation de la décision finale d’investissement (FID).
Le Maroc veut renforcer sa place dans les minerais critiques
Au-delà du gazoduc, la délégation marocaine a également mis en avant les opportunités offertes par les minerais critiques et stratégiques, devenus essentiels pour les chaînes de valeur liées à la transition énergétique mondiale. Les échanges ont souligné les synergies croissantes entre les infrastructures énergétiques africaines et le développement des ressources minières stratégiques nécessaires aux industries vertes et technologiques.
Selon l’ONHYM, les institutions américaines et les think tanks rencontrés ont exprimé un intérêt soutenu pour le projet AAGP ainsi que pour le positionnement du Maroc dans les secteurs de l’énergie et des mines. Plusieurs interlocuteurs ont insisté sur l’importance géostratégique croissante de ces initiatives dans le contexte des nouvelles dynamiques énergétiques mondiales.
Un corridor énergétique à forte portée géoéconomique
Le Gazoduc Africain Atlantique devrait à terme relier plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest au Maroc à travers un vaste corridor énergétique longeant la façade atlantique du continent. Le projet ambitionne de favoriser l’accès à l’énergie, de soutenir l’industrialisation africaine et de contribuer à la diversification des approvisionnements énergétiques internationaux, notamment vers l’Europe.
À travers cette offensive diplomatique à Washington, le Maroc confirme sa volonté de consolider son rôle de hub énergétique régional et de partenaire stratégique dans les secteurs du gaz et des minerais critiques.





















