Economie

EconomieSociété

Vie chère : l’UMT pousse pour un choc fiscal et une régulation des prix

Face à une inflation qui s’installe dans la durée, l’Union marocaine du travail (UMT) appelle à un changement de cap des politiques publiques. Pour la centrale syndicale, les réponses actuelles restent insuffisantes au regard de l’érosion continue du pouvoir d’achat, appelant ainsi à activer des leviers fiscaux et réglementaires plus incisifs.

Un plaidoyer pour une intervention rapide de l’État

Dans ses propositions, l’UMT met en avant l’adoption d’une loi de Finances rectificative, perçue comme un outil clé pour ajuster la politique économique à la conjoncture. L’objectif est de dégager des marges de manœuvre budgétaires permettant d’alléger la pression sur les ménages, notamment à travers une baisse ciblée de la TVA sur les produits de première nécessité. La centrale plaide également pour une réduction de la taxe intérieure de consommation (TIC), estimant que la fiscalité indirecte contribue fortement à la hausse des prix.

Carburants : un marché dans le viseur

Autre point central : la question des carburants. L’UMT appelle à un encadrement plus strict des prix, avec la mise en place de plafonds et la limitation des marges bénéficiaires. Une telle mesure viserait à contenir les effets de la volatilité internationale sur les coûts de transport et, par ricochet, sur l’ensemble des prix. Le syndicat insiste aussi sur la nécessité de renforcer la lutte contre la spéculation, en mobilisant davantage les institutions de régulation et en durcissant les sanctions.

Vers une fiscalité plus redistributive

Au-delà des mesures d’urgence, l’UMT propose une réforme plus profonde du système fiscal. L’instauration d’un impôt sur la fortune figure parmi les pistes avancées, dans une logique de rééquilibrage et de solidarité. Pour la centrale, la conjoncture actuelle met en évidence les limites du modèle actuel, jugé insuffisamment protecteur face aux chocs économiques.

Le test du dialogue social

La reprise annoncée du dialogue social en avril s’annonce déterminante. L’UMT y portera des revendications larges : hausse des salaires, revalorisation des pensions, augmentation du SMIG et du SMAG, ainsi que poursuite des allègements fiscaux sur les revenus. Au-delà des chiffres, c’est la crédibilité du dialogue entre gouvernement et partenaires sociaux qui est en jeu. Dans un climat social sous tension, la capacité à déboucher sur des mesures concrètes sera scrutée de près.

Une pression sociale durable

En toile de fond, la mobilisation syndicale traduit une inquiétude persistante face à la dégradation des conditions de vie. Entre contraintes budgétaires et attentes sociales, l’exécutif se retrouve face à un équilibre délicat. Dans ce contexte, la question n’est plus seulement économique, mais aussi sociale et politique : comment contenir la vie chère sans fragiliser les équilibres financiers du pays ?

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

dix-sept + 20 =

Voir Aussi
Fermer