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Le soft power spirituel marocain : quand la diplomatie religieuse rapproche le Maroc des peuples africains

Au-delà des leviers économiques et politiques traditionnels, le Maroc développe depuis plusieurs années une diplomatie singulière fondée sur la spiritualité. Cette approche, qualifiée de soft power spirituel, constitue aujourd’hui un pilier discret mais structurant de la stratégie marocaine à l’égard du continent africain.

Cette réflexion a été au cœur de la conférence animée par l’ambassadeur Taleb Berrada, organisée récemment au sein du Club Diplomatique Marocain, et consacrée au rôle de la diplomatie religieuse marocaine dans le rapprochement avec les peuples africains. À travers son intervention, le diplomate a mis en lumière les fondements, les mécanismes et les enjeux de cette forme d’influence non conventionnelle.

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Une influence fondée sur l’histoire et les valeurs

Lors de cette rencontre, l’ambassadeur Taleb Berrada a rappelé que le Maroc s’appuie sur un modèle religieux historiquement enraciné, fondé sur l’islam sunnite de rite malékite, la doctrine acharite et le soufisme. Ce triptyque, reconnu pour son équilibre et sa modération, confère au Royaume une crédibilité particulière dans un contexte africain marqué à la fois par la diversité religieuse et par les défis liés à l’extrémisme.

Cette légitimité spirituelle permet au Maroc de développer une influence non coercitive, reposant davantage sur la confiance, la transmission du savoir religieux et le partage de valeurs communes que sur des rapports de force classiques.

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La diplomatie religieuse comme outil de coopération Sud–Sud

Comme l’a souligné l’intervenant, cette diplomatie se traduit concrètement par plusieurs initiatives, notamment la formation d’imams africains au Maroc, la coopération entre institutions religieuses et l’accompagnement du champ religieux dans une perspective de stabilité et de prévention des dérives radicales.

L’objectif n’est pas l’exportation d’un modèle religieux unique, mais la promotion d’un islam du juste milieu, capable de s’adapter aux réalités locales tout en renforçant les liens culturels et humains entre le Maroc et les sociétés africaines

Un levier stratégique aux multiples enjeux

Dans un continent où les enjeux sécuritaires, identitaires et sociaux sont étroitement liés, la diplomatie religieuse marocaine apparaît, selon l’analyse développée lors de la conférence, comme un instrument complémentaire aux politiques économiques et diplomatiques classiques. Elle permet au Royaume de s’adresser non seulement aux États, mais également aux sociétés africaines, renforçant ainsi la profondeur et la durabilité de ses partenariats.

Cette approche n’est toutefois pas exempte de défis. La mesure de son impact réel, la diversité des contextes africains et la nécessité d’éviter toute instrumentalisation du religieux constituent autant de points de vigilance soulevés dans le débat.

Vers une diplomatie spirituelle en constante évolution

À l’heure où les jeunes générations africaines redéfinissent leur rapport à la religion et à l’identité, le soft power spirituel marocain devra continuer à évoluer pour rester pertinent. Son avenir dépendra de sa capacité à conjuguer tradition, modernité et respect des spécificités locales.

À travers cette diplomatie fondée sur la spiritualité, le Maroc affirme une vision de long terme, axée sur le dialogue, la confiance et le rapprochement des peuples, au cœur de son engagement africain — une vision clairement mise en perspective lors de la conférence de l’ambassadeur Taleb Berrada au Club Diplomatique Marocain.

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