La société canadienne Stellar AfricaGold a annoncé de nouveaux résultats encourageants pour l’exploration aurifère de son projet Tichka Est, situé dans le Haut-Atlas, à environ 90 kilomètres au sud de Marrakech. Les travaux de tranchées menés dans la zone D ont révélé des teneurs atteignant 9,53 grammes d’or par tonne sur trois mètres, tandis que trois des quatre dykes explorés ont livré des résultats supérieurs à cinq grammes par tonne.
Ces résultats doivent contribuer à préciser l’implantation d’une nouvelle campagne de forage. La société prévoit cinq sondages dans cette zone, dans le cadre d’un programme entièrement financé de 24 forages carottés totalisant environ 5 000 mètres. À ce stade, le projet reste toutefois au stade de l’exploration et aucune ressource minérale n’a encore été définie.
Des teneurs élevées dans trois dykes de la zone D
Dans son communiqué du 27 octobre 2026, Stellar AfricaGold a mis en avant les résultats obtenus sur plusieurs structures géologiques de la zone D. Le dyke 3, une intrusion composée de diorite et de dolérite dont la longueur est estimée à environ 600 mètres sur la base des premières observations de terrain, a livré les meilleures teneurs de cette campagne de tranchées.
La tranchée TR4-D-26 a notamment révélé 9,53 grammes d’or par tonne sur trois mètres, ainsi qu’un intervalle de deux mètres à 13,91 g/t. D’autres résultats significatifs ont été enregistrés sur les trois autres dykes analysés.
Le dyke 1 a livré une teneur de 5,99 g/t sur neuf mètres et de 8,98 g/t sur deux mètres. Sur le dyke 4, les analyses ont révélé 5,81 g/t sur trois mètres dans la tranchée TR6-D-26, ainsi que 8,52 g/t sur deux mètres. Le dyke 2 a présenté une teneur plus faible de 0,51 g/t sur trois mètres, en bout de tranchée.
Selon le président-directeur général de Stellar AfricaGold, J. François Lalonde, la zone D présente une minéralisation aurifère dans chacun des dykes ouverts en tranchée et analysés.
Des veines de quartz associées à la minéralisation aurifère
Les observations de terrain ont mis en évidence des veines de quartz contenant de l’arsénopyrite et de la pyrite. Selon la société, l’or est associé à ces veines, aux roches qui les bordent ainsi qu’à des failles recoupant les dykes dioritiques et leurs zones bréchiques périphériques.
Dans les tranchées creusées perpendiculairement aux dykes, la minéralisation se concentre principalement dans des intervalles d’un à trois mètres. La tranchée TR4-D-26 a notamment livré deux intervalles consécutifs affichant respectivement 12,99 g/t et 14,82 g/t. Dans la tranchée TR6-D-26, deux intervalles successifs ont donné 8,68 g/t et 8,36 g/t.
D’autres résultats ont été enregistrés dans les tranchées TR3-D-26 et TR5-D-26. La première a révélé 0,38 g/t sur deux mètres sur le dyke 3, tandis que la seconde a affiché 1,24 g/t sur quatre mètres et 4,09 g/t sur un mètre sur le dyke 4.
Stellar précise que les tranchées TR5-D-26 et TR2-D-26 se terminent juste après le contact avec une siltite stérile, de part et d’autre de leur dyke respectif. Les intervalles minéralisés se ferment donc au contact de cette roche, plutôt qu’à l’extrémité des tranchées.
Des travaux complémentaires nécessaires sur le dyke 1
La société a également rectifié la description de la tranchée TR1-D-26, présentée dans sa communication du 6 octobre. Celle-ci a été creusée le long d’un talus routier dégagé, selon une orientation comprise entre 170 et 175 degrés, presque parallèle au dyke 1 et approximativement perpendiculaire aux veines minéralisées.
Les neuf mètres échantillonnés dans cette tranchée traduisent ainsi, selon Stellar, l’extension des veines et des failles minéralisées dans le sens du dyke, et non l’épaisseur réelle d’un corps aurifère. La largeur du dyke 1 et la puissance véritable des zones minéralisées restent à déterminer.
Les deux meilleurs échantillons de cette tranchée ont livré des teneurs de 10,71 g/t et de 10,64 g/t. Ils proviennent de la zone des veines et des failles voisines. Malgré l’orientation particulière de la tranchée, Stellar souligne que celle-ci a également révélé une teneur de 5,99 g/t d’or.
Pour mieux comprendre la géométrie de la minéralisation, l’entreprise prévoit de creuser deux courtes tranchées transversales couvrant toute la largeur du dyke 1 et ses deux contacts. Chaque veine fera l’objet d’un échantillonnage distinct avant l’interprétation finale des résultats et la préparation des forages.
Cinq sondages prévus dans la zone D
Les résultats des tranchées serviront à déterminer l’emplacement et l’orientation des cinq sondages envisagés dans la zone D. Ces travaux s’inscrivent dans une deuxième phase de forage comprenant 24 sondages carottés pour un total d’environ 5 000 mètres, entièrement financés par la société.
Les trous seront orientés de manière à recouper à la fois les dykes et le faisceau de veines minéralisées. Sous réserve des conditions météorologiques, les travaux dans la zone D devraient suivre les premiers sondages de la zone B, considérée comme la plus avancée du projet Tichka Est.
Stellar indique avoir terminé la préparation du déploiement des foreuses et des équipes de la société de forage CMFM. Les plateformes et les accès au site ont également été aménagés. Le déplacement des engins vers le chantier reste toutefois conditionné à la réception de l’autorisation administrative requise. L’entreprise affirme qu’elle annoncera le démarrage effectif des forages.
Un levé magnétique par drone pour affiner les recherches
En parallèle, Stellar AfricaGold poursuit les travaux destinés à améliorer sa compréhension de la structure géologique de la zone D. La société Progrem a pris position sur le projet le 20 octobre pour réaliser un levé magnétique à haute résolution par drone, dont le périmètre a été étendu à cette zone.
Les vols d’essai ont commencé le lendemain et étaient toujours en cours au moment de la communication de Stellar. L’objectif est d’affiner l’interprétation structurale du couloir de dykes avant de déterminer l’implantation définitive des sondages.
L’entreprise prévoit également de nouvelles tranchées sur les dykes déjà étudiés, puis les premières investigations sur les dykes 5, 6 et 7, qui n’ont encore fait l’objet d’aucun travail d’exploration. Une cartographie systématique du couloir de la zone D est également programmée.
L’interprétation combinée des données existantes, des résultats des tranchées transversales prévues sur le dyke 1 et du levé magnétique doit permettre de préciser les prochaines étapes de la campagne.
Des analyses encadrées par un protocole de contrôle qualité
Les échantillons prélevés dans les tranchées ont été analysés par Afrilab, un laboratoire indépendant situé à Marrakech et accrédité selon la norme ISO/IEC 17025. Le laboratoire a utilisé une méthode de dosage de l’or par fusion sur une prise de 50 grammes, avec une finition par absorption atomique et une limite de détection de 0,05 g/t.
Les échantillons en rainure pesaient entre 2,3 et 4,3 kilogrammes et ont été transmis au laboratoire dans le cadre d’une chaîne de traçabilité. Les neuf échantillons présentant des teneurs supérieures à cinq grammes par tonne font l’objet de contre-analyses par fusion avec finition gravimétrique. Stellar prévoit de publier les résultats de ces vérifications s’ils diffèrent sensiblement des analyses initiales.
Le programme de contrôle qualité comprenait également neuf échantillons insérés à l’aveugle parmi les 73 échantillons du lot, soit 12,3 % de l’ensemble. Il s’agissait de trois matériaux de référence certifiés, de trois échantillons blancs et de trois duplicatas de terrain.
Selon Stellar, les matériaux de référence sont restés à moins d’un écart-type de leur valeur certifiée, tandis que les échantillons blancs ont affiché des teneurs inférieures à 0,05 g/t. Deux duplicatas ont respecté la tolérance de 20 %. Le troisième a présenté un écart de 21 %, avec des résultats de 3,94 g/t et 3,19 g/t, une différence que la société juge compatible avec la variabilité naturelle de l’or à courte distance.
Douze nouvelles analyses réalisées sur des pulpes au laboratoire ont également concordé avec les résultats initiaux. Les certificats d’analyse sont datés du 15 octobre.
Tichka Est reste un projet aurifère en phase d’exploration
Les sept tranchées réalisées dans la zone D totalisent 84 mètres. Après examen des affleurements, Stellar a concentré l’échantillonnage en rainure sur les sections présentant des indices de minéralisation. Au total, 64 mètres ont été prélevés en continu, par passes d’un mètre, dans six tranchées. La tranchée TR7-D-26, dépourvue de veines visibles, ainsi que les extrémités stériles, ont été écartées de cet échantillonnage.
Les intervalles publiés correspondent à des composites pondérés par la longueur, sans plafonnement des teneurs, avec une teneur de coupure de 0,20 g/t et un maximum de trois mètres de dilution interne. Ils sont mesurés le long du fond des tranchées et ne permettent pas, à eux seuls, de déterminer l’épaisseur réelle des zones aurifères.
Stellar rappelle que les travaux sur Tichka Est restent préliminaires. Les recherches réalisées à ce jour ne suffisent pas à définir une ressource minérale, et rien ne garantit que les prochaines campagnes permettront d’en délimiter une.
Le projet couvre 82 kilomètres carrés et comprend cinq permis de recherche ainsi qu’une licence d’exploitation. Quatre zones aurifères, désignées A, B, C et D, y ont été identifiées.
Dans le cadre d’un accord d’acquisition progressive conclu avec l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), Stellar peut obtenir une participation de 85 % dans le projet en contrepartie de 2,39 millions de dollars, soit environ 23,52 millions de dirhams, de dépenses d’exploration sur trois ans.
Basée à Vancouver et disposant d’un bureau à Marrakech, la société canadienne mène également le projet aurifère de Zuénoula, en Côte d’Ivoire, dans le cadre d’un accord d’acquisition progressive et de coentreprise avec MetalsGrove Mining. Elle y prévoit un programme entièrement financé de 10 000 mètres de forage à la tarière.
Les résultats de la zone D renforcent ainsi l’intérêt de poursuivre les investigations sur Tichka Est. Leur portée économique dépendra cependant des prochaines étapes d’exploration, de la confirmation des teneurs et de la détermination de la géométrie réelle des zones minéralisées.
