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Mauritanie-Maroc : une zone industrielle de 800 hectares en préparation

La Mauritanie et le Maroc avancent vers la création d’une zone industrielle commune de 800 hectares, destinée notamment à accueillir des entreprises marocaines. Le projet prévoit un régime particulier pour ces sociétés, qui pourraient bénéficier d’un accès prioritaire à la zone et de droits similaires à ceux accordés aux entreprises mauritaniennes.

L’annonce a été faite vendredi 11 septembre par la Direction générale de l’industrie du ministère mauritanien des Mines et de l’Industrie. Cheikh Sidi Mohamed Ould Ahmedou, directeur général de l’industrie, a présenté les grandes lignes du projet lors du Salon international des technologies de production et des industries mécaniques, métallurgiques et électromécaniques organisé à Casablanca.

Des entreprises marocaines prioritaires

Selon le responsable mauritanien, les travaux préparatoires du projet sont déjà engagés. Les entreprises marocaines devraient bénéficier d’une priorité pour installer leurs activités dans cette future zone industrielle et profiter des mêmes droits que les sociétés mauritaniennes.

L’élément le plus notable concerne le statut réservé aux capitaux marocains. Cheikh Sidi Mohamed Ould Ahmedou a indiqué que les investissements marocains accueillis dans la zone ne seraient pas considérés comme des investissements étrangers. Si cette disposition est intégrée au cadre juridique définitif, les entreprises marocaines pourraient ainsi être placées sur un pied d’égalité avec les opérateurs mauritaniens pour les conditions d’implantation.

Un projet de 800 hectares encore sans calendrier

Avec une superficie annoncée de 800 hectares, le projet présente une dimension foncière importante. Toutefois, plusieurs paramètres restent encore à préciser. Les autorités n’ont communiqué ni le montant des investissements attendus, ni le calendrier de réalisation, ni la répartition éventuelle du capital.

Aucune liste d’entreprises marocaines déjà engagées dans le projet n’a également été rendue publique. La nature exacte des activités industrielles qui pourraient être accueillies dans la zone n’a pas encore été détaillée.

Le futur dispositif devra notamment préciser les conditions d’accès au foncier, le régime fiscal et douanier, les procédures d’autorisation, les règles relatives à l’emploi ainsi que les éventuelles mesures d’accompagnement ou d’aide publique.

Une priorité pour les industriels marocains

Au-delà de la création d’un nouvel espace industriel, le projet introduit donc une dimension économique particulière dans la coopération entre Rabat et Nouakchott. Les entreprises marocaines ne seraient pas uniquement considérées comme des investisseurs étrangers bénéficiant de facilités, mais pourraient accéder au régime réservé aux entreprises nationales.

Cette priorité pourrait renforcer l’intérêt d’une implantation industrielle marocaine en Mauritanie, notamment pour les groupes souhaitant accéder au marché local et développer leurs activités vers d’autres marchés d’Afrique de l’Ouest.

Le responsable mauritanien a présenté cette initiative comme un moyen de renforcer la coopération industrielle entre les deux pays, en favorisant non seulement les échanges commerciaux, mais également l’installation d’entreprises, la mobilisation de capitaux et le développement de capacités de production locales.

Une zone industrielle déjà envisagée au sud de Nouakchott

L’annonce intervient alors que les autorités mauritaniennes avaient déjà approuvé la création d’une zone industrielle de 800 hectares au sud de Nouakchott. Cette emprise avait été située au point kilométrique 22 et destinée principalement aux industries de transformation.

Les informations communiquées le 11 septembre ne permettent toutefois pas d’établir avec certitude si cette zone correspond exactement au projet industriel commun annoncé avec le Maroc ou s’il s’agit de deux projets juridiquement distincts.

La future zone industrielle avait été présentée comme un espace aménagé destiné à accueillir des unités de transformation et à favoriser la production locale dans plusieurs filières encore dépendantes des importations.

Un potentiel pour l’industrie et la production locale

Des responsables du secteur privé mauritanien avaient déjà indiqué que plusieurs dizaines de projets d’investissement avaient été proposés en vue d’une implantation dans cette future zone. À ce stade, ces annonces ne permettaient toutefois pas d’établir l’existence d’un régime spécifique pour les entreprises marocaines.

Le nouveau projet ajoute ainsi une dimension bilatérale à la politique industrielle de Nouakchott. La priorité accordée aux entreprises marocaines pourrait constituer un facteur supplémentaire d’attractivité pour les industriels du Royaume, tout en renforçant les liens économiques entre les deux pays.

La portée réelle de cette mesure dépendra néanmoins du cadre juridique qui sera adopté. Celui-ci devra déterminer les droits accordés aux entreprises marocaines, les secteurs concernés, les conditions d’implantation et les obligations auxquelles seront soumis les investisseurs.

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