Economie

Economie

Le Maroc en tête en Afrique du Nord pour le soutien au libre-échange et à l’ouverture internationale

Le Maroc se distingue en Afrique du Nord par un soutien marqué de sa population à l’ouverture commerciale et au renforcement des échanges avec les marchés internationaux. C’est ce que révèle la troisième édition du rapport Afrobarometer 2026, intitulée « Au-delà des frontières : les perceptions des citoyens face à un ordre mondial en mutation ».

L’étude, réalisée à partir d’enquêtes menées auprès de citoyens de 38 pays africains en 2024 et 2025, analyse notamment les perceptions concernant le commerce international, les migrations, les rapports avec les grandes puissances et les enjeux liés au changement climatique.

Selon les résultats, 65 % des Marocains se déclarent favorables à la facilitation des échanges commerciaux avec l’étranger, tandis que 25 % privilégient des politiques protectionnistes visant à limiter les importations afin de protéger la production nationale.

Cette position place le Maroc en tête des pays d’Afrique du Nord en matière de soutien au libre-échange, traduisant une volonté de renforcer les partenariats économiques avec différentes régions du monde.

Cependant, cette ouverture s’accompagne d’un faible niveau de connaissance des grandes initiatives économiques africaines. Seulement 11 % des Marocains interrogés déclarent notamment connaître la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), révélant un décalage entre les grands projets d’intégration économique et leur appropriation par le grand public.

À l’échelle continentale, le soutien à l’ouverture commerciale est également majoritaire. Environ 66 % des Africains interrogés se prononcent en faveur du développement des échanges internationaux, tandis que 62 % estiment que le libre-échange peut contribuer à stimuler la croissance économique et à créer des emplois.

Le rapport met ainsi en évidence une adhésion relativement forte à l’intégration économique mondiale, tout en soulignant la nécessité de renforcer l’information et la sensibilisation autour des initiatives africaines communes.

Sur la question migratoire, 45 % des personnes interrogées indiquent avoir envisagé de quitter leur pays, principalement à la recherche de meilleures opportunités économiques et de conditions de vie plus favorables. Les perceptions concernant l’accueil des migrants restent toutefois plus nuancées, malgré une majorité disposée à vivre avec des migrants comme voisins.

Sur le plan géopolitique, la Chine conserve une image favorable sur le continent : 62 % des Africains interrogés portent un regard positif sur son rôle économique et politique en Afrique. À l’inverse, l’image des États-Unis apparaît moins favorable qu’auparavant, tandis qu’une majorité de citoyens adoptent une position neutre concernant la guerre entre la Russie et l’Ukraine.

Le changement climatique constitue également une préoccupation croissante. Le rapport rappelle que l’Afrique contribue à moins de 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, tout en figurant parmi les régions les plus exposées aux conséquences du réchauffement climatique, notamment la sécheresse, le stress hydrique et les phénomènes météorologiques extrêmes.

Les résultats d’Afrobarometer 2026 montrent ainsi l’émergence d’une opinion publique africaine davantage tournée vers l’ouverture internationale, tout en exprimant une volonté croissante de voir le continent renforcer son autonomie et sa capacité à choisir ses partenariats économiques et politiques en fonction de ses propres intérêts de développement.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

trois × quatre =