Economie

Economie

Le gazoduc Nigeria–Maroc entre dans sa phase de financement

Le projet de gazoduc Nigeria–Maroc franchit une étape décisive avec l’entrée dans sa phase de financement, marquant une avancée majeure pour ce mégaprojet énergétique stratégique en Afrique de l’Ouest.

Un projet de 25 milliards de dollars structurant pour le continent
Évalué à environ 25 milliards de dollars, ce projet ambitieux prévoit la construction d’un pipeline de près de 6.900 kilomètres, destiné à relier les réserves gazières du Nigeria au Maroc, avec une extension possible vers l’Europe. Il figure parmi les infrastructures énergétiques les plus importantes jamais envisagées sur le continent.

Création d’une société de projet dédiée
Au cœur de cette nouvelle phase figure la mise en place d’une Special Purpose Vehicle (SPV), une société de projet chargée de piloter le financement et la mise en œuvre des travaux. Cette entité sera constituée sous forme de coentreprise entre l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) et la Nigerian National Petroleum Company (NNPC).
Elle aura pour mission la structuration financière, la mobilisation des investissements et le suivi opérationnel du projet.

Un modèle de financement structuré et sécurisé
Contrairement aux premières hypothèses, la levée de fonds ne sera pas directement assurée par l’ONHYM, mais par la SPV une fois créée et validée par les autorités compétentes. Ce montage repose sur une approche classique des grands projets d’infrastructures, permettant d’isoler les risques et de sécuriser les actifs pour rassurer les investisseurs.

Un corridor énergétique à vocation continentale
Au-delà de son aspect industriel, le gazoduc est conçu comme un corridor énergétique et de développement. Il devrait contribuer à renforcer l’accès à l’énergie, soutenir l’industrialisation des pays traversés et améliorer la production électrique en Afrique de l’Ouest, tout en positionnant le Maroc comme une plateforme énergétique entre l’Afrique et l’Europe.

Une gouvernance interétatique en structuration
Le projet implique 13 pays et s’inscrit dans un cadre intergouvernemental en cours de finalisation. L’accord intergouvernemental (IGA), signé en décembre 2024 au sommet de la CEDEAO, prévoit la création de deux instances clés : une Haute Autorité du gazoduc pour la coordination politique et une société de projet pour la gestion opérationnelle. Sa ratification est attendue en 2026.

Un projet stratégique pour la transition énergétique régionale
Ce mégaprojet vise à transformer durablement la carte énergétique de l’Afrique de l’Ouest, tout en renforçant le rôle du Maroc comme hub stratégique dans les échanges gaziers entre le continent africain et l’Europe.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

8 − huit =