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RSE au Maroc : un levier stratégique pour une croissance inclusive et durable

Au Maroc, la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) s’impose progressivement comme un pilier des stratégies de développement. Selon CGEM, plus de 120 entreprises sont aujourd’hui labellisées RSE, un chiffre en progression constante ces dernières années. Pour Chakib Alj, président de la CGEM, « la RSE n’est plus une option, mais un impératif stratégique pour assurer la pérennité et la compétitivité des entreprises marocaines ». Cette évolution traduit un passage d’une logique philanthropique à une approche intégrée, alignée sur les standards internationaux.

Un cadre national de plus en plus structuré

Portée par les orientations royales et les engagements internationaux du Royaume, la RSE bénéficie d’un cadre de référence consolidé. Le Nouveau Modèle de Développement (NMD) insiste sur le rôle du secteur privé dans la création de valeur durable et inclusive. De son côté, le Haut-Commissariat au Plan (HCP) souligne que les inégalités territoriales restent marquées, renforçant la nécessité d’un engagement accru des entreprises. Pour Nadia Fettah, ministre de l’Économie et des Finances, « l’intégration des critères ESG constitue aujourd’hui un levier essentiel pour orienter les investissements et renforcer la résilience économique ».

Des enjeux sociaux et territoriaux prioritaires

Dans ce contexte, la RSE devient un outil concret pour répondre aux défis sociaux. Selon Bank Al-Maghrib, près de 30 % des adultes marocains restent non bancarisés, ce qui place l’inclusion financière au cœur des priorités. Des initiatives portées par des acteurs comme Al Barid Bank, à travers ses services accessibles et son maillage territorial, ou encore Attijariwafa bank avec ses programmes d’éducation financière, illustrent cette dynamique. Par ailleurs, des entreprises comme OCP Group investissent massivement dans le développement local, notamment via la Fondation OCP, active dans l’éducation, l’entrepreneuriat et l’agriculture durable.

Transition écologique : un défi toujours structurant

Malgré les précipitations importantes enregistrées récemment dans plusieurs régions du Royaume, qui ont contribué à améliorer temporairement le niveau des barrages, la question hydrique reste un enjeu structurel au Maroc. Selon le ministère de l’Équipement et de l’Eau, la disponibilité en eau demeure sous pression à moyen et long terme, en raison de la variabilité climatique. Dans ce contexte, la transition écologique s’impose comme un axe majeur de la RSE. Des groupes comme MASEN pilotent des projets d’énergies renouvelables d’envergure, tandis que LafargeHolcim Maroc s’engage dans la réduction de son empreinte carbone via des solutions de construction durable. Pour Leila Benali, ministre de la Transition énergétique, « la transition bas carbone est une opportunité pour renforcer la compétitivité du tissu productif national ».

Vers une RSE créatrice de valeur

Au-delà de la conformité, la RSE s’impose comme un levier de performance. Selon une étude de l’AMMC (Autorité Marocaine du Marché des Capitaux), les entreprises intégrant des critères ESG affichent une meilleure résilience face aux chocs économiques. Des acteurs comme Maroc Telecom, engagé dans la réduction de sa consommation énergétique, ou Cosumar, actif dans l’agriculture durable, illustrent cette tendance. Pour les investisseurs, ces engagements deviennent déterminants, renforçant l’attractivité du Maroc sur les marchés internationaux.

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