L’intérêt des entreprises sud-coréennes pour le marché marocain se confirme. Une mission économique organisée du 26 au 29 octobre 2026, sous la conduite de la Korea International Trade Association (KITA), a permis d’explorer de nouvelles opportunités commerciales et industrielles entre les deux pays, avec l’ambition de faire du Royaume une plateforme d’accès aux marchés africains et européens.
Cette initiative, qui a également comporté une étape aux Émirats arabes unis, a réuni huit entreprises sud-coréennes opérant dans plusieurs secteurs, notamment les cosmétiques, les produits capillaires, les dispositifs médicaux et l’agroalimentaire.
Huit entreprises coréennes à la rencontre des opérateurs marocains
À Casablanca, le 28 octobre, la délégation sud-coréenne a pris part à une série de rencontres professionnelles organisées en collaboration avec la Korea Trade-Investment Promotion Agency (KOTRA).
Ces échanges ont mis en relation les entreprises participantes avec 21 acheteurs marocains, parmi lesquels figuraient des représentants de grandes enseignes de distribution, dont Carrefour. L’objectif était d’identifier de nouveaux débouchés, de nouer des relations commerciales et de faciliter l’accès des produits sud-coréens au marché national.
Au-delà de ces premiers contacts, la mission visait à établir des partenariats durables avec les importateurs, distributeurs et autres acteurs économiques marocains.
Le Maroc, une plateforme stratégique vers l’Afrique et l’Europe
Les ambitions de Séoul ne se limitent toutefois pas à l’exportation de produits finis. Le Maroc est également considéré comme une base potentielle de développement régional, en raison de sa position géographique et de ses accords commerciaux avec plusieurs marchés internationaux.
Dans cette perspective, la délégation a engagé des échanges avec la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et différents représentants de l’écosystème économique national.
Ces discussions s’inscrivent dans un contexte marqué par l’examen des perspectives d’un éventuel accord de partenariat économique global entre les deux pays. Un tel cadre pourrait contribuer à approfondir les échanges commerciaux et à élargir les possibilités de coopération dans les secteurs productifs.
Des opportunités dans l’industrie et le transfert technologique
Pour le Maroc, le rapprochement avec la Corée du Sud présente un intérêt qui dépasse la diversification des importations. Séoul dispose d’un savoir-faire industriel reconnu dans plusieurs domaines stratégiques, notamment l’automobile, l’électronique, les batteries, les technologies médicales et les équipements de production.
Le développement de partenariats avec les entreprises coréennes pourrait ainsi favoriser les transferts de compétences, l’intégration de nouvelles technologies et l’émergence d’activités manufacturières à plus forte valeur ajoutée.
Les zones industrielles marocaines pourraient également constituer un atout pour attirer des investisseurs souhaitant rapprocher leurs unités de production des marchés européens et africains. Cette perspective renforcerait le positionnement du Royaume dans les chaînes d’approvisionnement internationales.
Transformer les contacts commerciaux en investissements durables
La concrétisation de ces perspectives dépendra néanmoins de la capacité des deux parties à transformer les rencontres professionnelles en contrats commerciaux, en investissements et en projets industriels effectifs.
Pour les entreprises marocaines, l’enjeu consiste notamment à dépasser progressivement le rôle d’importateurs et de distributeurs pour accéder à des activités de fabrication, d’assemblage et de développement technologique.
Une telle évolution permettrait de renforcer l’intégration locale, de développer les compétences nationales et de diversifier les chaînes d’approvisionnement industrielles du Royaume.
La mission économique sud-coréenne confirme ainsi l’intérêt croissant de Séoul pour le Maroc. Elle met également en évidence un défi central pour l’économie nationale : convertir son attractivité commerciale et géographique en partenariats productifs et en capacités industrielles durables.
