Le Maroc réaffirme son engagement en faveur d’un partenariat Russie-Afrique fondé sur des projets concrets, le respect mutuel et les priorités de développement du continent. À Moscou, la cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri, qui représente le Roi Mohammed VI au troisième Sommet Russie-Afrique, a mis en avant les initiatives royales en faveur de l’intégration régionale, du désenclavement du Sahel et du renforcement de la coopération économique entre les pays africains et leurs partenaires internationaux.
Les initiatives royales au cœur de la vision africaine du Maroc
Lors de la session plénière du sommet, Fatima Ezzahra El Mansouri a rappelé que l’Afrique constitue une priorité majeure de la politique étrangère du Maroc sous l’impulsion du Roi Mohammed VI. Cette orientation se traduit notamment par plusieurs initiatives structurantes destinées à renforcer la connectivité, l’intégration économique et la stabilité régionale.
La cheffe du gouvernement a cité l’Initiative des États africains atlantiques, l’Initiative royale visant à faciliter l’accès des pays du Sahel à l’océan Atlantique, ainsi que le projet de Gazoduc africain-atlantique Nigeria-Maroc.
Ces projets s’inscrivent dans une vision de coopération régionale axée sur le développement des infrastructures, l’ouverture de nouvelles perspectives économiques et le renforcement des liens entre les pays africains. L’objectif est notamment de favoriser le désenclavement du Sahel et de soutenir une dynamique de codéveloppement à l’échelle de l’Afrique de l’Ouest.

Le partenariat Russie-Afrique appelé à passer aux réalisations
Pour Fatima Ezzahra El Mansouri, le partenariat entre la Russie et les pays africains doit désormais franchir une nouvelle étape, en passant de la planification à la concrétisation des projets. Les plans d’action adoptés lors des précédents sommets de Sotchi et de Saint-Pétersbourg ont permis de poser les bases d’une coopération structurée, mais leur mise en œuvre doit davantage répondre aux priorités du continent.
La responsable gouvernementale a notamment insisté sur quatre domaines stratégiques : la sécurité alimentaire, la sécurité énergétique, l’industrialisation et le transfert de technologies.
Elle a souligné que l’Afrique a besoin de l’ensemble de ses partenaires internationaux, à condition que les différents cadres de coopération soient complémentaires, reposent sur le respect mutuel et débouchent sur des actions concrètes. Dans cette perspective, le Maroc entend contribuer à l’émergence de nouveaux axes de coopération entre la Russie et le continent africain.
L’Afrique, un partenaire stratégique pour le reste du monde
Dans son intervention, Fatima Ezzahra El Mansouri a également mis en avant le potentiel du continent africain, porté par ses ressources naturelles, son capital humain, sa position géographique et sa diversité historique, culturelle et politique.
Elle a estimé que les relations entre l’Afrique et ses partenaires internationaux ne doivent pas être envisagées uniquement sous l’angle des besoins du continent. Les économies mondiales ont elles aussi un intérêt croissant à développer leurs relations avec l’Afrique, compte tenu de son poids économique et de ses perspectives de développement.
Le troisième Sommet Russie-Afrique intervient dans un contexte où les attentes des pays africains se renforcent en matière de développement, de sécurité énergétique, de sécurité alimentaire et de souveraineté économique. Pour Rabat, le renforcement du cadre institutionnel du partenariat doit donc s’accompagner de résultats tangibles au bénéfice des populations et des économies africaines.
Les échanges commerciaux Russie-Afrique dépassent 27,7 milliards de dollars
Sept ans après le sommet de Sotchi et trois ans après celui de Saint-Pétersbourg, le partenariat Russie-Afrique a enregistré plusieurs avancées, selon la cheffe du gouvernement. Celles-ci concernent notamment l’institutionnalisation des rencontres, le renforcement du dialogue politique et l’adoption de plans d’action, mais aussi l’ouverture de chantiers de coopération dans les domaines des infrastructures, de la santé, de l’éducation, de la formation, de l’énergie et du transfert de technologies.
Les échanges commerciaux entre la Russie et le continent africain ont, selon les chiffres cités par Fatima Ezzahra El Mansouri, dépassé les 27,7 milliards de dollars en 2025.
La responsable marocaine a toutefois insisté sur la nécessité d’identifier les prochaines étapes de cette coopération, afin de transformer les orientations stratégiques en projets opérationnels et de mieux répondre aux priorités exprimées par les pays africains.
Maroc-Russie : des relations consolidées depuis 2002
Évoquant les relations bilatérales, Fatima Ezzahra El Mansouri a rappelé que les liens entre le Maroc et la Russie reposent sur une longue histoire d’amitié. Ils ont notamment été renforcés par la conclusion du Partenariat stratégique en 2002, puis par son approfondissement lors de la visite du Roi Mohammed VI à Moscou en 2016.
Le Maroc figure aujourd’hui, selon la cheffe du gouvernement, parmi les trois premiers partenaires économiques de la Russie en Afrique. Les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint 630 millions de dollars en 2025, tandis que les exportations marocaines vers le marché russe ont progressé de 18 %.
La coopération se manifeste également dans le domaine de l’enseignement supérieur. Plus de 7.000 étudiants marocains ont poursuivi leurs études en Russie durant l’année universitaire 2024-2025, témoignant de la dimension humaine des relations entre les deux pays.
Malgré un environnement géopolitique complexe, les échanges bilatéraux se sont maintenus à des niveaux jugés appréciables par la responsable gouvernementale.
De nouveaux axes de coopération à explorer
Au-delà des échanges commerciaux et de la coopération universitaire, le Maroc et la Russie disposent encore de possibilités de collaboration dans les secteurs de l’énergie, des sciences et des technologies.
Cette volonté d’approfondir le dialogue politique et d’explorer de nouveaux domaines de coopération s’est notamment traduite par la création récente d’un comité de travail entre les ministères des Affaires étrangères des deux pays. Sa première réunion s’est tenue en septembre 2026.
À travers sa participation au troisième Sommet Russie-Afrique, le Maroc réaffirme ainsi son attachement à une coopération internationale fondée sur la complémentarité des partenariats et la concrétisation des engagements. Rabat entend continuer à promouvoir une approche dans laquelle les initiatives africaines et les collaborations internationales contribuent directement au développement, à l’intégration régionale et à la souveraineté économique du continent.
