Le complexe portuaire et industriel Nador West Med s’apprête à franchir une étape décisive avec l’entrée en exploitation de son premier terminal dans les prochains jours. Mobilisant 54 milliards de dirhams d’investissements publics et privés, le projet devrait générer à court terme 14 000 emplois directs et 20 000 emplois indirects, selon Idriss Aarabi, directeur général de Tanger Med.
Ces perspectives ont été présentées mercredi 28 octobre, lors d’une déclaration à la MAP, au lendemain d’une séance de travail présidée par le Roi Mohammed VI au Palais Royal de Rabat et consacrée à l’avancement des grands projets portuaires du Royaume.
Nador West Med : une capacité de 5,3 millions de conteneurs
Le complexe Nador West Med disposera, dans une première phase, d’un terminal à conteneurs capable de traiter 3,5 millions d’unités. Un deuxième terminal, doté d’une capacité de 1,8 million de conteneurs, devrait entrer en service en avril 2027.
À terme, les deux installations offriront une capacité cumulée de 5,3 millions de conteneurs, renforçant ainsi les infrastructures logistiques du nord-est du Maroc et les capacités du Royaume à accueillir les flux du commerce maritime international.
Le projet ne se limite pas aux activités de transbordement et de manutention. Il comprend également des terminaux dédiés aux hydrocarbures et au gaz naturel liquéfié (GNL), destinés à renforcer les capacités nationales d’accueil des produits énergétiques et à contribuer à la sécurité d’approvisionnement du pays.
34 000 emplois attendus pour dynamiser la région de l’Oriental
Au-delà de ses dimensions portuaire et industrielle, Nador West Med est présenté comme un levier de développement économique pour la région de l’Oriental. Les 14 000 emplois directs et 20 000 emplois indirects annoncés à court terme représentent des perspectives importantes pour le marché du travail régional.
Pour accompagner cette dynamique, des programmes de formation adaptés aux besoins des futures activités portuaires et industrielles doivent être déployés. Selon Idriss Aarabi, cette démarche vise à faciliter l’insertion professionnelle des jeunes et à rapprocher les compétences disponibles des besoins des entreprises qui s’implanteront autour du complexe.
L’enjeu consiste ainsi à transformer les investissements dans les infrastructures en retombées économiques et sociales concrètes pour les populations locales. La qualification de la main-d’œuvre constituera un facteur déterminant pour permettre aux habitants de la région de bénéficier des nouvelles opportunités d’emploi.
Tanger Med 3 : un investissement de 8 milliards de dirhams
En parallèle du lancement opérationnel de Nador West Med, le Maroc prépare une nouvelle extension du complexe Tanger Med à travers le projet Tanger Med 3, qui nécessitera un investissement estimé à 8 milliards de dirhams.
Selon le directeur général de Tanger Med, cette extension doit permettre au complexe d’atteindre une capacité de 20 millions de conteneurs et de renforcer son positionnement parmi les dix premiers ports mondiaux spécialisés dans le trafic de conteneurs.
Ce projet s’inscrit dans la continuité du développement des infrastructures portuaires marocaines, avec pour objectif d’accompagner la croissance des échanges internationaux, d’améliorer la compétitivité logistique du Royaume et de consolider son attractivité auprès des investisseurs industriels et des opérateurs maritimes.
Le Maroc renforce son réseau portuaire stratégique
Nador West Med et Tanger Med 3 occupent une place centrale dans la stratégie marocaine de développement des infrastructures portuaires. Le premier doit renforcer les capacités logistiques de l’Oriental et intégrer des équipements énergétiques, tandis que le second accompagnera l’augmentation des capacités du complexe Tanger Med.
La séance de travail présidée mercredi 28 octobre par le Roi Mohammed VI a porté sur l’avancement de ces deux projets et sur les prochaines étapes de leur réalisation.
À travers ces investissements, le Maroc entend consolider sa place dans les chaînes de valeur mondiales et développer des plateformes portuaires capables de soutenir les activités commerciales, industrielles et énergétiques. La réussite de cette stratégie dépendra également de la concrétisation des emplois annoncés et de la capacité à faire bénéficier les populations locales des retombées de ces projets.
