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Souveraineté industrielle: le CESE définit la liste de minerais stratégiques et critiques

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) du Maroc a récemment publié un avis sur «les minerais stratégiques et critiques contributeurs à la souveraineté industrielle du Maroc». Cette publication intervient dans un contexte de transition énergétique accélérée, de transformation numérique et d’industrialisation 4.0.
Le Maroc souhaite renforcer sa souveraineté dans un certain nombre de domaines stratégiques pour réussir la mise en œuvre de son nouveau modèle de développement.

Une liste exploratoire

Le CESE propose une liste exploratoire 1.0 de minerais stratégiques et critiques spécifiques au Maroc. Cette liste servira de base et d’orientation pour les acteurs concernés et devra être affinée dans le cadre d’une réflexion multipartite impliquant les intervenants au niveau des écosystèmes minier et industriel ainsi que les différents acteurs présents sur toute la chaîne de valeurs.

Les minerais stratégiques et critiques sont définis comme étant indispensables à la politique économique d’un État, à sa défense, à sa politique énergétique ou à celle d’un acteur industriel spécifique. La criticité d’un minerai est particulièrement prise en compte, puisqu’elle englobe le rôle déterminant du minerai pour la sécurité économique, militaire ou technologique et le risque de rupture ou de perturbation des chaînes d’approvisionnement.

La méthodologie adoptée pour établir la liste marocaine s’inspire des approches de l’USGS (États-Unis) et de la Commission européenne, avec les adaptations nécessaires. Elle consiste à mesurer le score de criticité de chaque minerai en se basant sur des indicateurs quantitatifs de risque de rupture de l’approvisionnement et un screening qualitatif de l’importance de chaque minerai pour le pays.

24 minerais composent le liste 1.0

Suite au processus de sélection et de scoring, la liste exploratoire 1.0 comprend 24 minerais stratégiques et critiques pour le Maroc. Parmi les domaines stratégiques identifiés figurent les technologies digitales et électroniques, les moteurs et aimants permanents, la robotique, la voiture électrique et les batteries, les drones, l’aéronautique et la défense, le solaire, l’éolien, les technologies de capture et de stockage de carbone, la sécurité alimentaire, les technologies de l’hydrogène vert et la santé et les industries pharmaceutiques.

Les minerais sont classés en trois catégories : en premier lieu, les minerais considérés comme critiques, car ils satisfont aux critères de criticité conventionnels, tels que la dépendance à l’import, la concentration géographique des producteurs et leur faible stabilité politique, ainsi que la présence de restrictions à l’export. Dans cette catégorie, on retrouve l’aluminium, les borates, le chrome (ferro-chromium), l’étain, le germanium, le graphite, le lithium, la magnésite, le molybdène, le niobium (ferro-niobium), le sélénium, le silicium, les terres rares et le tungstène.

Puis les minerais considérés comme stratégiques sur la base des critères de la disponibilité géologique au Maroc et de la présence du minerai en question dans la liste des minerais critiques des principaux partenaires du Maroc. Cette catégorie inclut les barytes, le cobalt, le fluorspar, le manganèse et les phosphates.

Enfin, les minerais rajoutés au niveau de la liste en référence aux opérateurs publics et privés auditionnés. Ces minerais sont le cuivre, le nickel, la potasse, le soufre et le titane.

Il est important de souligner que cette liste n’est pas statique et nécessitera des mises à jour régulières pour tenir compte des évolutions mondiales sur le plan technologique, économique et géopolitique, ainsi que des avancées dans l’exploration minière et l’identification de nouveaux gisements.

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