Le Maroc célèbre le 51e anniversaire de la Marche Verte dans un contexte diplomatique exceptionnel, qui confère à cette commémoration une portée bien au-delà du simple rappel d’une épopée nationale ayant profondément marqué l’histoire contemporaine du Royaume. Cinquante et un ans après la Marche de 1975, symbole d’une mobilisation populaire autour de la cause du Sahara marocain, le Maroc aborde une nouvelle étape : celle du passage de la gestion du différend à la recherche d’un règlement politique fondé sur l’initiative d’autonomie sous souveraineté marocaine.
Les développements intervenus au Conseil de sécurité le 30 octobre 2026 ont révélé l’ampleur des évolutions du débat international sur le Sahara. Malgré le veto opposé par la Russie au projet de résolution américain, qui avait recueilli onze voix favorables, les discussions ont confirmé la place centrale désormais occupée par l’initiative marocaine d’autonomie dans les perspectives de règlement. La France a réaffirmé sa position en faveur de la souveraineté du Maroc, tandis que le Royaume-Uni a qualifié l’initiative marocaine de base la plus crédible, pragmatique et durable pour parvenir à une solution politique.
Ces évolutions ne peuvent être dissociées de la résolution 2797, adoptée en 2025, qui a consacré l’initiative marocaine d’autonomie comme base des négociations, ni de l’intense activité diplomatique qui a marqué le dossier au cours de l’année 2026. Le débat évolue progressivement : au-delà de l’échange des positions politiques, il porte désormais sur les dimensions institutionnelles et opérationnelles de l’autonomie, notamment les compétences, la représentation, les ressources, les garanties et les modalités de transition.
Cette évolution reflète une stratégie diplomatique construite sur plusieurs années, fondée sur l’élargissement des partenariats internationaux du Maroc, le renforcement de son ancrage africain et la promotion d’une initiative présentée comme une solution réaliste au différend. Des acquis importants, qui doivent néanmoins se traduire en un accord politique durable, accepté par les parties concernées.
La non-prolongation du mandat de la MINURSO, à la suite de l’échec des projets de résolution américain et russe, ouvre également une nouvelle séquence, soulevant des interrogations sur l’avenir du cadre onusien et les mécanismes de surveillance du cessez-le-feu. À la suite de ces développements, le Maroc a réaffirmé son attachement à la stabilité, au respect du cessez-le-feu et à la poursuite du processus diplomatique.
Cette commémoration revêt une dimension nationale supplémentaire avec la Fête de l’Unité, instituée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI le 31 octobre. Elle constitue désormais un rendez-vous destiné à célébrer l’unité du Royaume et à rappeler la responsabilité collective de poursuivre l’œuvre de construction et de développement.
Si la Marche Verte de 1975 avait incarné une volonté populaire unifiée, la période actuelle place le Maroc devant un nouveau défi : consolider cette unité à travers les institutions, le développement et la justice territoriale.
Les provinces du Sud ne sont plus uniquement présentes dans les débats nationaux et internationaux sous l’angle du différend. Elles sont également devenues un espace de projets structurants dans les domaines des infrastructures, des énergies renouvelables, des installations portuaires et de la connectivité économique avec la profondeur africaine.
La priorité consiste désormais à renforcer les retombées concrètes de cette dynamique, à travers la création d’emplois, l’insertion des jeunes, l’amélioration des services et l’élargissement de la participation locale à la gestion des projets de développement.
Alors que le Maroc poursuit la défense de sa position au sein des instances internationales, les défis de la négociation demeurent. La prochaine étape exige donc de conjuguer constance dans les principes nationaux et souplesse diplomatique, tout en présentant une architecture institutionnelle claire de l’autonomie, capable de transformer les soutiens internationaux en une solution concrète, applicable et pérenne.
Cinquante et un ans après, la Marche Verte renouvelle sa signification. En 1975, les Marocains avaient exprimé leur unité à travers une mobilisation populaire pacifique. Aujourd’hui, le Royaume poursuit son chemin sur plusieurs fronts : diplomatique, économique et stratégique, en s’appuyant sur ses partenariats internationaux.
De feu le roi Hassan II à Sa Majesté le roi Mohammed VI, un même fil conducteur traverse cette continuité historique : la défense de l’intégrité territoriale et la préservation des intérêts supérieurs du Royaume.
La véritable portée de la Marche Verte aujourd’hui ne réside pas seulement dans la célébration des gloires du passé, mais dans la capacité à transformer cet héritage historique et les acquis diplomatiques accumulés en un avenir stable et prospère.
Le Maroc qui a fait de l’unité une épopée collective il y a plus d’un demi-siècle entend désormais en faire un levier de développement et de stabilité, en passant de la consolidation de sa position à la construction d’une solution.
