Le secteur marocain du textile ambitionne de dépasser le modèle traditionnel de la sous-traitance pour développer une industrie intégrée à forte valeur ajoutée. À l’occasion du Salon international du textile MIME 2026, organisé du 3 au 5 novembre à Casablanca, l’AMITH appelle à accompagner cette transformation. L’entreprise Karnawall Maroc illustre cette dynamique avec une chaîne de production entièrement intégrée au Maroc.
Le textile marocain, un secteur de 240 000 emplois
Avec 240 000 emplois et un chiffre d’affaires annuel de 66 milliards de dirhams, dont 44 milliards réalisés à l’export, l’industrie marocaine du textile et de l’habillement occupe une place importante dans l’économie nationale.
Ces chiffres ont été présentés par Anass El Ansari, président de l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (AMITH), à l’occasion de l’ouverture du Salon international du textile MIME 2026, organisé à Casablanca sous le Haut Patronage du Roi Mohammed VI.
Malgré ce poids économique, le secteur doit aujourd’hui faire évoluer son modèle de développement. Selon le président de l’AMITH, une grande partie de l’activité reste concentrée sur la confection en sous-traitance, un modèle qui limite les possibilités de création de valeur ajoutée et de développement industriel.
L’enjeu consiste désormais à renforcer l’intégration locale, en permettant aux entreprises marocaines de maîtriser davantage les différentes étapes de fabrication, depuis les matières premières jusqu’au produit fini.
L’AMITH plaide pour une stratégie de soutien aux entreprises exportatrices
Anass El Ansari a également évoqué les nouvelles orientations annoncées par le Roi Mohammed VI lors de l’ouverture de la session parlementaire, notamment en matière de stratégies destinées aux entreprises productives et exportatrices.
L’AMITH espère que l’industrie textile figurera parmi les secteurs concernés par ces dispositifs, afin de soutenir les investissements, renforcer la souveraineté industrielle et accélérer la transformation du tissu productif national.
Pour les professionnels, cette évolution représente un levier important pour améliorer la compétitivité des entreprises marocaines sur les marchés internationaux, augmenter la valeur des exportations et favoriser la création de nouveaux emplois.
Karnawall Maroc, un exemple de production intégrée à 100 %
Parmi les entreprises présentes au salon MIME 2026, Karnawall Maroc met en avant une approche industrielle fondée sur l’intégration de l’ensemble de la chaîne de production.
Sa représentante, Youssra Goujanne, explique que l’entreprise développe une activité couvrant toutes les étapes de fabrication, depuis la filature jusqu’au produit fini, dans le cadre d’un projet présenté comme étant 100 % marocain.
Spécialisée notamment dans le marché des tentes, la société a développé un tissu technique entièrement fabriqué au Maroc, composé à parts égales de coton et de polyester, soit 50 % de chaque matière.
L’entreprise emploie actuellement environ 750 personnes dans son usine. Selon sa représentante, les capacités et la superficie du site industriel permettent également d’envisager de nouveaux recrutements pour accompagner le développement de ses activités.
De la filature au produit fini : toute une chaîne industrielle marocaine
L’activité de Karnawall Maroc couvre plusieurs métiers complémentaires, notamment la filature, le tissage, l’encollage et le finissage. L’entreprise intervient également dans le prêt-à-porter, la confection de tentes et la fabrication de textiles destinés à l’équipement de la maison.
Cette organisation industrielle illustre concrètement les ambitions défendues par les professionnels du secteur : développer une production locale intégrée, réduire la dépendance à la sous-traitance et renforcer la capacité des entreprises marocaines à proposer leurs propres produits.
À travers le salon MIME 2026, l’industrie textile marocaine met ainsi en avant les perspectives d’un secteur qui cherche à franchir une nouvelle étape de son développement, en misant davantage sur l’intégration industrielle, l’investissement et la valorisation du savoir-faire national.
