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Quand l’IA descend sous terre

De TotalEnergies aux ressources minières et hydriques, l’intelligence artificielle ouvre une nouvelle frontière : celle de la prospection du sous-sol.

L’intelligence artificielle ne se contente plus d’analyser des textes, des images ou des marchés. Elle s’attaque désormais au sous-sol.

TotalEnergies et Mistral AI viennent d’annoncer un partenariat de *plus de 100 millions d’euros sur trois ans* pour développer des modèles d’IA dédiés à l’exploration et à l’ingénierie des réservoirs de pétrole et de gaz. L’objectif : exploiter près d’un siècle de données géologiques, sismiques et de forage afin de mieux identifier les zones d’intérêt et de simuler différents scénarios d’exploitation.

L’enjeu est simple : »mieux décider avant de forer ».

L’IA ne « voit » pas le pétrole. Elle croise des masses de données pour identifier des configurations géologiques, comparer des hypothèses et réduire l’incertitude. Une capacité particulièrement précieuse dans une industrie où chaque opération d’exploration mobilise des capitaux importants.

Le mouvement dépasse toutefois largement les hydrocarbures.

La même technologie peut être appliquée à *l’exploration minière* , à la recherche « d’eaux souterraines » , à la « géothermie » , à « l’hydrogène naturel » ou encore au stockage souterrain du « CO₂ » . Dans tous ces domaines, le principe est identique : exploiter davantage de données pour mieux cibler les zones à investiguer.

« un enjeu particulièrement stratégique pour le Maroc »

Le Royaume dispose d’un important patrimoine géologique et d’une expertise accumulée notamment par l’ONHYM dans l’exploration minière, pétrolière et gazière.

L’enjeu pourrait désormais être de franchir une étape supplémentaire : « transformer ces données en modèles prédictifs. »

Pour l’eau, l’intérêt est évident. Croiser données géologiques, hydrogéologiques, forages, précipitations et données satellitaires pourrait contribuer à mieux caractériser les aquifères et à cibler les investigations.

Pour les minerais, l’IA pourrait aider à croiser données géologiques, géophysiques et géochimiques afin de hiérarchiser les zones présentant un potentiel.

La technologie ne remplace ni le géologue, ni le forage, ni l’analyse de terrain. Elle peut en revanche aider à répondre à une question devenue stratégique : « où chercher en priorité ? »

« La nouvelle bataille sera celle de la donnée »

Avec TotalEnergies et Mistral, une tendance se dessine : la valeur ne réside plus uniquement dans la ressource découverte, mais aussi dans la capacité à « exploiter intelligemment les données qui permettent de la localiser ».

Données, puissance de calcul, modèles d’IA et expertise scientifique deviennent progressivement les nouvelles briques de la prospection.

Pour les entreprises comme pour les États, la maîtrise de cette chaîne pourrait devenir un avantage stratégique.

« Après avoir appris à lire les données du monde visible, l’IA commence à apprendre à lire celles du monde souterrain. »

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