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Le Maroc engage 75 milliards de dirhams pour porter la capacité de ses ports au-delà de 450 millions de tonnes d’ici à 2030

Le Maroc engage un vaste chantier de modernisation portuaire mobilisant près de 75 milliards de dirhams, avec pour ambition de porter les capacités nationales à plus de 450 millions de tonnes de marchandises à l’horizon 2030, contre près de 390 millions actuellement.

Présenté lors d’une rencontre organisée à Rabat par le Policy Center for the New South, ce programme prévoit la réalisation de six nouveaux ports, parmi lesquels Nador West Med, dont l’entrée en service est attendue cette année, ainsi que Port Dakhla Atlantique, dont le taux d’avancement des travaux atteint déjà 58 %. Le plan comprend également l’extension de cinq infrastructures portuaires existantes.

Dans cette dynamique, six bassins dédiés à la construction et à la réparation navale seront aménagés afin de permettre au Royaume d’assurer localement la maintenance des navires de petite et moyenne tailles, consolidant ainsi sa souveraineté maritime.

Fort de ses 44 ports répartis sur plus de 3.500 kilomètres de littoral, le Maroc confirme son positionnement stratégique au croisement des échanges entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques. Tanger Med, premier port d’Afrique et du bassin méditerranéen, symbolise cette montée en puissance, soutenue par un écosystème industriel accueillant notamment des groupes internationaux comme Renault. En 2025, les volumes traités dans les ports marocains ont atteint 262 millions de tonnes, en progression de 8,9 %, illustrant la pression croissante sur les infrastructures actuelles.

Dakhla Atlantique, pilier de l’ouverture sur l’Atlantique

Le projet Port Dakhla Atlantique cristallise une grande partie des ambitions atlantiques du Royaume. Prévu pour une mise en service à fin 2028, ce port disposera d’une capacité annuelle de 35 millions de tonnes et d’un tirant d’eau de 80 mètres, lui permettant d’accueillir des navires de grande capacité. Il est appelé à devenir une plateforme logistique majeure pour les pays du Sahel dans le cadre de l’Initiative Royale Atlantique, tout en soutenant le futur gazoduc Nigeria-Maroc.

Le projet a déjà permis de mobiliser près de 1,4 milliard de dollars d’investissements publics et privés.

La stratégie portuaire nationale intègre également un important volet lié à la transition énergétique. Un port spécialisé dans l’exportation de l’hydrogène vert et de ses dérivés est notamment envisagé à Tan-Tan, tandis que les plateformes de Nador et Dakhla font l’objet d’adaptations destinées à accompagner ces nouveaux flux énergétiques.

Cette feuille de route maritime s’inscrit dans un programme national d’infrastructures estimé à plus de 100 milliards de dollars sur la période 2025-2030. Celui-ci comprend également quelque 14 milliards de dollars consacrés à l’extension des aéroports et du réseau ferroviaire à grande vitesse, dans la perspective de la 2030 FIFA World Cup que le Maroc coorganisera avec l’Espagne et le Portugal.

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