Economie

Economie

la course africaine à l’ammoniac vert s’accélère avec Coega, le Maroc en embuscade stratégique

Revue de presse

L’annonce du projet sud-africain de Coega confirme, selon Le Nouvelliste, que la course africaine à l’ammoniac vert entre désormais dans une phase industrielle concrète. Le projet, développé par Hive Energy et BuiltAfrica, vient de sécuriser un contrat technologique d’environ un milliard de dollars auprès de la société danoise Topsoe, pour une usine évaluée à 5,8 milliards de dollars et destinée à produire un million de tonnes d’ammoniac vert par an d’ici 2030.

Dans cette dynamique, le Maroc apparaît comme un acteur central de la compétition continentale, mais avec une approche différente. Selon Le Nouvelliste, le Royaume n’est pas simplement en concurrence directe avec l’Afrique du Sud : il structure une stratégie plus large et intégrée autour de l’hydrogène vert et de ses dérivés.

Le Maroc a ainsi lancé en 2024 l’Offre Maroc pour l’hydrogène vert, pilotée par Masen, qui vise à développer des projets couvrant toute la chaîne de valeur, de la production d’électricité renouvelable jusqu’à la transformation en ammoniac vert. Cette stratégie s’appuie sur des atouts structurels majeurs : potentiel solaire et éolien important, proximité avec l’Europe, infrastructures portuaires en expansion et un écosystème industriel déjà établi autour de OCP.

Toujours selon Le Nouvelliste, plusieurs consortiums internationaux étudient déjà des projets d’envergure au Maroc, notamment dans la région de Guelmim-Oued Noun, avec une capacité envisagée d’environ 200.000 tonnes d’ammoniac vert par an. D’autres partenariats, notamment entre OCP et Engie, pourraient mobiliser jusqu’à 17 milliards d’euros d’investissements dans les énergies renouvelables, le dessalement et la production de molécules vertes.

Le média souligne que la compétition ne se jouera pas uniquement sur la taille des projets annoncés, mais sur leur bancabilité, la disponibilité de l’électricité verte, la sécurisation de l’eau, les infrastructures portuaires et la capacité à conclure des contrats d’achat à long terme.

L’Afrique du Sud marque un point avec le projet de Coega, notamment grâce à un calendrier déjà structuré, avec des études d’ingénierie FEED prévues en 2026 et une décision finale d’investissement attendue en 2027. Mais le Maroc, selon Le Nouvelliste, adopte une logique plus globale fondée sur plusieurs pôles industriels et des corridors énergétiques intégrés, soutenus par de nouvelles infrastructures portuaires comme Nador West Med et Dakhla Atlantique.

Au final, conclut Le Nouvelliste, la bataille de l’ammoniac vert en Afrique ne fait que commencer : elle opposera moins des volumes d’annonces que la capacité réelle des pays à transformer leurs ressources renouvelables en projets industriels financés, opérationnels et compétitifs à l’export.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

19 + 3 =